Vous avez envie de démarrer votre entreprise ? Vous dénicherez les démarches administratives obligatoires en un tour de main. Mais ce n’est pas parce que vous aurez accompli toutes les démarches que vous détiendrez les clés du succès. « Il faut avant tout vérifier l’adéquation entre le projet et son porteur car un bon manager ne fait pas forcément un bon entrepreneur », met en garde Éléonore Dubois, directrice du développement économique à l’UCM. « Il existe des outils de diagnostic pour s’assurer qu’on est bien fait pour se lancer, des tests de profil. »

Trois causes d’échec
Et, surtout, il ne faut surtout pas bâcler son business plan. « C’est l’une des trois causes d’échec de l’entreprise à cinq ans », explique celle qui a été sur le terrain pendant de longues années et a pu observer les points faibles des starters. « Ce business plan doit comporter une feuille de route, le profil de la clientèle, le besoin en ressources, le chiffre d’affaires estimé sur base d’une étude de marché sérieuse… Il est utile de le revoir régulièrement une fois que l’entreprise a démarré. » Troisième erreur à éviter : minimiser le capital de départ. « Il est impératif pour la viabilité de l’entreprise de bien mesurer les besoins en investissement, de ne pas calculer trop juste pour éviter d’être pris à la gorge six mois plus tard et de demander un refinancement qui ne sera souvent accordé que sous forme d’un crédit de caisse avec un intérêt élevé. »

 

Il est impératif pour la viabilité de l’entreprise de bien mesurer les besoins en investissement  – Éléonore Dubois

 

Pensez au régime matrimonial
Parmi les professionnels à consulter avant de se lancer figurent le comptable ou l’expert comptable bien sûr, mais aussi le réviseur d’entreprise, l’avocat et le notaire, ce dernier auquel on ne pense pas assez. Éléonore Dubois : « Lorsqu’on crée une société, il faut penser au régime matrimonial et imaginer les modalités en cas de divorce. Certains ont perdu leur entreprise parce qu’ils n’y ont pas pensé. »

Écoutez la marché
Et puis il existe de plus en plus de programmes d’accompagnement, les couveuses d’entreprises, nées d’initiatives publiques ou privées. « On essaie d’intervenir le plus tôt possible car 50 % des erreurs sont présentes dès le départ dans la manière de penser des porteurs de projet », met en garde Benoît Lips, coach de start-up pour Nest Up depuis quelques années. « Ils arrivent en se disant : j’ai une bonne idée et tout le monde va me l’acheter. Or, s’il faut avoir de la conviction et du caractère pour démarrer une entreprise, le projet va se planter si on pense qu’on est le seul à avoir raison et que les autres ont tort. Il faut écouter les signaux du marché », conseille-t-il.

 

Notre premier rôle en tant que coach, c’est de les remettre dans la bonne direction et de s’assurer qu’ils écoutent les bons messages – Benoît Lips

 

Faites le diagnostic tôt
Pour moitié, les candidats développent des produits ou services dont personne n’a besoin. « Notre premier rôle en tant que coach, c’est de les remettre dans la bonne direction et de s’assurer qu’ils écoutent les bons messages », positive Benoît Lips. « Et même si on conclut qu’il s’agit d’une mauvaise idée, on gagne du temps à faire le diagnostic tôt. Souvent, on n’abandonne pas ; rebondit sur une autre idée. »

 

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La bible pour un nouveau produit
Un coach n’est pas pour autant indispensable à la réussite d’un projet. « Il existe plusieurs sources d’informations gratuites ou des livres peu chers qui permettent d’entreprendre la même démarche ». Il recommande ainsi Lean Start-up de David Rice, sorti il y a quelques années. « C’est la bible pour l’individu ou l’entreprise qui introduit un nouveau produit sur le marché », conseille celui qui accompagne aussi bien des pâtes à base de farine d’insectes qu’un logiciel pour signaler des problèmes sur la voirie.

Le réseau = le principal
Pour autant, le coach est utile à plus d’un titre et notamment pour créer des connections. Car outre le savoir-faire, le principal atout de l’entrepreneur, c’est son réseau. « Les programmes d’accompagnement mettent ensemble des personnes qui partagent le même objectif et développent des liens. Ces couveuses d’entreprises ont un effet d’accélération qui peut se révéler puissant dans le parcours de ces start-ups », observe Benoît Lips. Un coup de pouce ou un contact direct peuvent faire gagner beaucoup de temps, c’est certain.