Devenir franchisé, franchiseur ou gérer sa propre entreprise? Les entrepreneurs ont plusieurs possibilités devant eux. Il est important de peser le pour et le contre avant de se lancer. Rien de tel que de donner la parole aux acteurs de terrain.

Julien Gossiaux
gérant des deux franchises Auto5 de Dinant et de Gembloux

Pourquoi avez-vous choisi le secteur dans lequel vous êtes actif?

« Tout d’abord, l’automobile est une passion pour moi, ce qui aide beaucoup étant donné que c’est plus gai de travailler dans un domaine que l’on aime bien. C’était également un besoin local, nous avons commencé à Gembloux où un manque sur le marché se faisait ressentir. C’est un secteur où il y a de la demande au vu des prix que nous offrons par rapport à la concurrence chez les concessionnaires. »

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre statut?

« Comme les prix sont négociés au niveau national, voire international, le franchiseur a déjà fait un gros travail au niveau marketing. Si vous êtes tout seul à devoir faire de la publicité, votre potentiel est réduit. Dans notre cas, nous avons accès à une base de données concernant tous les véhicules, ce que je ne pourrais pas faire tout seul. Le coût est relativement élevé, mais justifié: une redevance sur le chiffre d’affaires est divisée en différentes catégories comme marketing, marque, etc. Ce qui ne plaît pas toujours, mais il y a une ligne de conduite, il faut parfois accepter d’autres idées que les siennes. C’est le jeu. »

Quels sont les paramètres à prendre en compte avant de se lancer?

« L’emplacement est souvent déterminé après la réalisation d’une étude de marché. Donc il faut, évidemment, avoir un plan financier qui tient la route et des fonds propres. Par rapport à l’investissement total, si on a pas un cinquième du montant, c’est difficile de tenir et de ne pas tout emprunter. Cela permet aussi d’être crédible envers les banques, pour montrer qu’on s’implique et qu’on est crédible vis-à-vis de son franchiseur. Il existe aussi des franchiseurs qui viennent en aide, mais les méthodes varient: il y a des franchisés à qui tout appartient, d’autres où le stock n’est pas à eux. »


 

Charles De Cooman
gérant de la société Anne Sophie

Pourquoi avez-vous choisi le secteur dans lequel vous êtes actif?

« Notre société s’est spécialisée dans les vêtements de soirée et de cocktail. En assistant aux mariages de ses amies, mon épouse avait fait une constatation évidente: les tenues de cérémonie étaient onéreuses et le choix de modèles inversement restreint. Nous avons alors imaginé un concept alliant des prix bien en dessous de ce qui se pratiquait ailleurs. »

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre statut?

« Si vous souhaitez garder une grande flexibilité à court terme, que ce soit au niveau de votre approvisionnement, branding, gestion des coûts indirects, et autres, il peut sembler préférable de gérer vos points de vente en propre. Si nous voulons modifier notre stratégie, nous pouvons le faire assez vite. Si nous souhaitons relooker nos magasins, nous pouvons prendre ce genre de décisions sans avoir à nous en expliquer. Sous le système de la franchise, cela peut s’avérer plus complexe. D’un autre côté, la franchise peut permettre un développement plus rapide de par l’apport de la force entrepreneuriale des franchisés, ainsi que l’apport de capitaux qu’ils pourraient être amenés à engager. »

Quels sont les paramètres à prendre en compte avant de se lancer?

« C’est important de bien s’entourer dès le départ. Aujourd’hui, on voit souvent trois, quatre personnes complémentaires, d’horizons différents, constituer les équipes fondatrices. Ce qui est, sans doute, différent de ce qu’il se faisait il y a dix ou quinze ans. Ce serait la chose que je changerais si je devais recommencer. Il y a de magnifiques success stories belges ultra-rapides et c’est captivant. Mais ce n’est que le sommet de l’iceberg de l’entrepreneuriat: la majorité des entrepreneurs sont moins visibles, mais ils n’en sont pas moins engagés. Pour arriver quelque part, cela prend du temps. On passe par des remises en question, il faut y croire et être persévérant. »


 

Pierre Boseret
directeur général Troc Benelux

Pourquoi avez-vous choisi le secteur dans lequel vous êtes actif?

« Le concept était dans l’air du temps et avait déjà fait ses preuves en France. Il correspond aussi à ma philosophie: recycler mais aussi donner l’occasion à tout le monde de faire une bonne affaire. Nous sommes au service des gens qui veulent vendre leurs biens et qui veulent acheter autrement, se meubler de manière plus originale, plus personnelle, et un peu moins cher. »

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre statut?

« L’avantage pour le franchiseur est qu’il peut développer son réseau plus rapidement. Cela lui permet d’ouvrir plusieurs magasins et d’avoir des entrepreneurs indépendants au niveau local. Mais le franchiseur n’a pas tout en main, il doit faire confiance au franchisé à qui il transmet son savoir-faire. S’il a une filiale, il peut imposer plus facilement des normes à ses employés, alors qu’avec un franchisé on ne peut pas être aussi directif. Le franchisé est un partenaire indépendant, qu’il faut convaincre qu’il a tout intérêt à suivre au plus près le concept. »

Quels sont les paramètres à prendre en compte avant de se lancer?

« Il faut avoir un concept qui tient la route et qui est rentable. Et il faut pouvoir le normaliser, le transmettre et avoir un siège pilote. Le franchiseur doit également avoir envie de partager son savoir-faire, de former et suivre les franchisés. Il est important d’être d’accord de “lâcher son bébé”, de le céder et de le partager. Un franchiseur doit également être conscient qu’il devra investir dans cette structure et qu’il ne gagnera pas plus d’argent au départ. Il devra, également, s’entourer de spécialistes financiers et juridiques. Mais, c’est la force du concept qui définira quelle franchise rencontrera la réussite escomptée. »