La tendance est planétaire. Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale habite dans –  ou autour – des villes. Un pourcentage qui grimpe à près de 70% au sein de l’Union Européenne et même à … 98% en Belgique. Un record!

Même un nom
Des chiffres en constante augmentation dans notre pays, qui comptera douze millions d’habitants en 2030. Raison pour laquelle spécialistes s’affairent, en ce moment, pour penser au meilleur fonctionnement possible de la cité. Celui-ci porte même un nom: smart city. Autrement dit, celui de la ville intelligente, qui constituerait, en fait, l’intersection idéale entre facteurs économiques, environnementaux, humains, institutionnels, sociaux et technologiques qui composent et régissent n’importe quelle ville.

 

Les villes intelligentes se mettent en place dès aujourd’hui. Avec tous les acteurs d’un même territoire – Nathalie Crutzen

 

Transformation des villes
À Liège s’est ainsi créé le Smart City Institute, un nouvel établissement spécialement imaginé pour répondre à ces défis du futur. «La smart city est une sorte d’idéal que nous devons tous essayer d’atteindre», précise Nathalie Crutzen, directrice et professeur à la HEC-Ecole de Gestion de l’Université de Liège. En marge d’une utilisation optimale des nouvelles technologies et outre une mission de recherche, le Smart City Institute entend stimuler des projets susceptibles de transformer la ville. «Il s’agit d’une dynamique et d’une réflexion sur du long terme, mais c’est quelque chose qui se met en place dès aujourd’hui, avec tous les acteurs d’un même territoire.» En d’autres termes, une ville intelligente se devra d’être une cité capable de maintenir à la fois la prospérité économique, le bien-être de ses citoyens et la gestion respectueuse des ressources.

Optimiser au maximum
L’objectif est de réfléchir à moyen, voire à long terme, sur une optimalisation maximale de toutes ces données. Cela, en incluant les notions de bonne gouvernance et bien sûr, de développement durable. Car à une époque où les ressources naturelles mondiales se raréfient, les villes, justement, tablent leur croissance sur leur attractivité urbaine et leur développement touristique. On peut là parler de mini-révolution en cours.

 

Une smart city est indissociable d’une citoyenneté intelligente – Daniël Termont

 

Gand comme exemple
Exemplaire à ce niveau chez nous, la ville de Gand envisage, de son côté, de devenir complètement neutre sur le plan climatique d’ici 2050. Après une première phase de diminution du CO2, autorités, citoyens et entreprises espèrent arriver, dans trente ans, à un niveau où les émissions de CO2 seront absorbées et compensées à 100 % localement. Le confirme Daniël Termont, son bourgmestre: «Les smart cities sont indissociables d’une citoyenneté intelligente. Les citadins, via les entreprises ou même des initiatives locales, peuvent eux-mêmes devenir les acteurs pour rendre leur ville plus agréable à vivre. Indirectement, cela crée même de l’emploi, dans un écosystème qui devient alors propice à la créativité et à l’innovation ».  Habitants, entreprises et universités: absolument tout le monde est impliqué, à travers n’importe quel type d’événements (concerts, conférences, visites guidées, etc.) capables de favoriser la cohésion sociale.

L’ère de l’individualisme
On l’aura compris, les enjeux sont nombreux et les moyens d’action diversifiés. Mais à coup sûr, tous auront comme point commun d’abondamment se servir des technologies numériques, car on les annonce déjà comme le critère déterminant pour distinguer les smart cities dans les années à venir. Utilisée à bon escient, la technologie offre, en effet, de nombreuses possibilités pour délivrer de nouveaux, ou de meilleurs services à chacun, de façon à rendre la vie en ville plus agréable, et développer des endroits où il fait bon vivre ensemble. À l’ère où l’on dit l’individualisme roi, on ne peut que s’en féliciter. Oui, l’avenir des villes est bel et bien en marche.