Durant les trois premiers mois de 2016, 24.377 nouvelles entreprises ont vu le jour en Belgique, selon Roularta Business Information. Une augmentation de 4,7 % par rapport au premier trimestre de 2015. Même si c’est de bon augure, créer sa propre entreprise ne se fait pas à la légère. Des conseils d’experts sont utiles pour bien se préparer avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

Première étappe
Il faut d’abord s’inscrire auprès d’un guichet d’entreprise agréé afin d’obtenir un numéro d’entreprise. Il va contrôler si vous avez un minimum de connaissances en gestion et les compétences professionnelles pour le métier que vous souhaitez exercer. Par exemple, si vous comptez ouvrir un restaurant, l’organisme va vérifier si vous avez bien une formation dans l’Horeca.

 

Le business plan, ce n’est pas un document que l’on fait pour la banque et qui reste dans un tiroir – Jonathan Lesceux

 

Obtenir le statut d’indépendant
Ensuite, direction la caisse d’assurance sociale. Vous y notifiez votre statut d’indépendant (complémentaire ou principal) et recevez un numéro de TVA. Si vous voulez démarrer la constitution d’une société, vous devez déposer les statuts auprès du greffe du tribunal de Commerce. Mais pas de panique: « Vous pouvez demander que toutes les démarches se fassent en une fois, c’est le rôle des guichets d’entreprise », rassure Jonathan Lesceux, de l’Union des Classes moyennes (UCM).

Une idée exceptionelle?
Au-delà de l’aspect administratif, il est nécessaire d’avoir un business plan et d’avoir bien réfléchi au projet. J. Lesceux explique: « Certaines personnes pensent que leurs idées sont exceptionnelles et ce n’est pas forcément le cas. Elles n’ont pas de vision très claire de la manière de développer leurs activités, ou des coûts réels. »

Business plan = plan de bataille
J. Lesceux conseille également de se faire accompagner par des structures agréées pour réaliser le business plan. Elles pourront aussi vous aider à effectuer une étude de marché. Bref, un plan de bataille, estime Jonathan Lesceux: « On insiste beaucoup sur le business plan, ce n’est pas juste un document que l’on fait pour la banque et qui reste dans un tiroir. Il faut le suivre! »

 

Avec le crowdfunding, les porteurs de projet créent une communauté avant de lancer leur produit – Frédéric Cornet

 

Un apport propre
En parlant de banque, évoquons les différentes possibilités de financement. Environ deux tiers des entrepreneurs citent la banque comme source financière. Mais le banquier attend aussi que l’on vienne avec un apport propre. « Si vous arrivez chez lui pour 100.000 euros et que vous en mettez 1.000, il va refuser », prévient J. Lesceux.

Le financement participatif
Pour ceux qui veulent tenter de récolter par le biais de systèmes alternatifs, c’est possible! Il existe par exemple le financement participatif, également appelé crowdfunding. Les entreprises peuvent récolter des fonds pour leur projet sous forme de dons, de prêt participatif ou de financement avec prise de participation dans votre entreprise. En principe, un grand nombre de personnes investissent un certain montant, ce qui permet aux porteurs de projet de rassembler des fonds.

 

Toutes les démarches peuvent se faire en une fois dans un guichet d’entreprise – Jonathan Lesceux

 

Multiples avantages
Pour Frédéric Cornet, Représentant Benelux de la plateforme KissKissBankBank, les avantages du crowdfunding sont multiples: les porteurs de projet créent une communauté en amont et par la même occasion leur clientèle. Ils reçoivent aussi des commentaires pour améliorer le projet. En expliquant précisément les besoins financiers, comme les services d’un expert, ils pourront peut-être trouver des personnes intéressées à travailler bénévolement ou à bas prix. « Si vous voulez faire des capsules vidéos, un caméraman peut se proposer de le faire gratuitement, ce qui vous permettra d’épargner de l’argent pour d’autres activités », explique Frédéric Cornet.

N’oubliez pas les subventions publiques
Il n’y a pas que les citoyens et les banques qui peuvent aider les entrepreneurs à trouver des financements: n’oublions pas les subventions publiques! Le plan « start-up » du Gouvernement fédéral vise par exemple à stimuler les jeunes entreprises de moins de quatre ans. Il contient plusieurs mesures dont le « tax shelter ». Il s’agit d’une réduction d’impôt de 45 % pour les personnes qui investissent en actions dans les micro-entreprises. Auparavant réservée à l’audiovisuel, cette aide est dorénavant étendue à l’ensemble des investissements dans les jeunes entreprises.

Démarrer optimal
Démarrer une activité comme indépendant, c’est beaucoup de formalités administratives, de sacrifices au début, mais il existe différentes manières de se faire aider (financièrement), à vous de choisir le plan qui vous convient le mieux.