Selon l’enquête « Santé et bien-être » 2013, 9,2 % de gens sur un échantillon représentatif de 10.000 Belges déclarent faire appel à la médecine douce, ou « alternative ». Alors que 9,1 % de la seule population wallonne, sur un échantillon de 4.211 personnes, se déclarent aussi utilisateurs de ce type de médecine. Ce qui montre bien l’engouement général. « Pour commencer, il faut noter ce fait: la Wallonie compte une concentration assez élevée d’écoles de naturopathie. Puisqu’on en trouve à Namur, Limal et Corroy-le-Grand », explique Patricia Vloeberghs, Directrice de l’Institut Européen de Médecine Naturelle. Vu la taille de notre territoire, c’est assez impressionnant.

Identifier les causes du mal
Même si les soins ne sont pas remboursés par les mutuelles, les médecines douces connaissent une très belle popularité en région wallonne. P. Vloeberghs poursuit: « Les médecins pratiquant les médecines douces, naturelles ou alternatives, voient souvent arriver des gens déçus par la médecine traditionnelle. » Par exemple, un médecin classique aura sans doute tendance à prescrire un somnifère à quelqu’un qui dort mal. Mais n’ira pas voir plus loin. Les tenants de la médecine douce essayent, quant à eux, de se poser des questions supplémentaires, de considérer les choses dans une perspective plus large… bref, d’identifier les causes du mal.

 

La Wallonie compte une concentration assez élevée d’écoles de naturopathie – Patricia Vloeberghs

 

Priorité à l’information
Principe de base des médecines alternatives: essayer, dans la mesure du possible, de soigner à l’aide de remèdes naturels. En évitant les médicaments et, surtout, leurs effets secondaires. « Même si, parfois, le médicament de synthèse est inévitable », constate Thierry Schmitz, Médecin et spécialiste en médecines naturelles. « Outre le fait que la médecine traditionnelle n’a pas réponse à tous les besoins, je pointerais une autre explication à l’engouement actuel pour les solutions alternatives: l’information. »

Le fruit de spécialistes avisés
On ne compte effectivement plus les forums et autres sites spécialisés proposant d’autres moyens de traiter un mal. S’il faut, bien entendu, prendre certains d’entre eux avec un maximum de précautions, car ils ne sont pas tous le fruit de spécialistes avisés mais parfois de charlatans, il n’en reste pas moins que le web a profondément modifié notre rapport à la médecine, quelle qu’elle soit! Thierry Schmitz précise: « Aujourd’hui, la plupart des gens se rendent compte que leur médecin a parfois trop vite tendance à leur prescrire de la cortisone. Alors qu’elle n’est pas toujours indiquée. Dans certains cas, des conseils nutritionnels ou des plantes permettent bien mieux d’atteindre un objectif donné. »

 

La plupart des médicaments traditionnels portent un nom commençant par « anti » – Thierry Schmitz

 

Guérir, pas seulement soigner
Puisqu’on est souvent ce que l’on mange, il n’est pas surprenant que la nutrition se classe au premier rang des médecines naturelles. Avec, toutefois, un souci permanent: remonter aux racines du souci dont se plaint le patient. T. Schmitz reprend: « La plupart des médicaments traditionnels portent un nom commençant par “antiˮ. Ce qui montre bien qu’ils s’attachent uniquement à effacer la douleur, mais pas à en effacer la raison principale. » C’est pour cette raison qu’il importe d’opérer une stricte distinction entre les termes « soigner » (qui décrit le fait de réduire temporairement le mal) et « guérir » (proposant de tenter d’éradiquer définitivement un problème). « Nous nous positionnons bien entendu dans la seconde alternative », pointe T. Schmitz.

Résultat sur la longueur
Et les résultats semblent souvent probants. T. Schmitz souligne: « Chez moi, une grippe dure 48 heures car je la traite à l’aide d’huiles essentielles. » Preuve que les médecines alternatives peuvent aussi aboutir rapidement à de bons résultats. « Certains de mes traitements s’inscrivent dans la longueur. Mais d’autres sont très efficaces, même en phase aiguë! Bref, ils offrent le même résultat qu’un traitement traditionnel mais sur la longueur », continue-t-il. « Ce qui achève de convaincre les gens qui se sont tournés vers ce type de médecine. » Et explique sans doute aussi en grande partie l’engouement pour les options alternatives.