Trois personnalités wallonnes qui aiment leur ville d’origine, et qui ont sillonné la région dans tous les sens, nous font part de leur attachement à la Wallonie. Entre gros coups de cœur et petits coups de gueule…

 

Benoît Poelvoorde
acteur émérite, « C’est arrivé près de chez vous », « Le tout nouveau testament »

Pourquoi aimez-vous la Wallonie?

« Ce que j’aime dans la Wallonie, c’est avant tout sa diversité, même dans une région à la taille aussi réduite. En France, il faut parfois parcourir des dizaines de kilomètres avant de changer de paysage. Ici, la variété est au coin de la rue! Tu fais Liège-Namur en même pas une heure, mais rien ne se ressemble d’une ville à l’autre. Les paysages, les gens, les mentalités, les accents… Bref, la Wallonie te permet d’avoir l’impression d’un long voyage sans avoir été bien loin. »

Qu’est-ce qui vous inspire le plus dans votre ville?

« Ma ville, Namur, continue à me faire du bien jour après jour. D’ailleurs, on m’a souvent proposé d’aller habiter à Paris. J’y ai même parfois résidé plus ou moins longtemps… mais je finis toujours par revenir sur “mes” terres. Ce qui m’y inspire est la “dimension village” de la ville. Même si c’est relativement urbain, tout le monde se connaît. Et il n’y a aucun chichis! Et puis, il suffit de marcher un peu pour se retrouver en pleine campagne. Cette proximité d’un environnement bien vert est un luxe énorme! J’adore aller marcher au grand air. Cela me ressource et me donne plein de bonne énergie. »

Que changeriez-vous en Wallonie si vous le pouviez?

« Si je le pouvais, je donnerais un peu plus de fierté aux Wallons. Nous avons une régionsplendide, une richesse culturelle datant de plusieurs siècles, une gastronomie de très haut vol… et nous n’en sommes qu’à moitié conscients. Quand je suis à Paris, on me parle de la Wallonie comme de l’une des merveilles du monde! Et quand je suis ici, j’ai envie de secouer les gens. En leur disant : “Même les Parisiens disent du bien de nous! Soyez fiers de vous, nom d’un chien!” »


 

Jean-Luc Fonck
musicien du groupe Sttellla

Pourquoi aimez-vous la Wallonie?

« J’aime le fait que les gens ne se posent pas trop de questions. Qu’ils sont directs. Et ça se sent quand je vais jouer dans des petits villages de Wallonie. Parfois, les loges c’est carrément chez quelqu’un. On nous dit: “La douche est là.” Mais c’est dans la salle de bain des gens. On n’est pas du genre à mettre le bazar partout. Mais dans ces cas-là, tu fais doublement attention à tout remettre en ordre après ton passage. D’autres fois, personne n’a pensé à une lampe pour nous donner un peu de lumière lorsqu’on sort de scène, dans le noir. Voilà pourquoi j’en ai toujours une pour brancher à la batterie de ma voiture. Et puis, un autre grand classique: pas de toilettes derrière la scène… le genre de chose dont il faut tenir compte quand on quitte la “loge”. Mais ces conditions spartiates ne me dérangent pas! Je ne fais pas de tournée pour accumuler les repas gastronomiques et les hôtels de luxe, mais pour m’amuser sur scène. »

Qu’est-ce qui vous inspire le plus dans votre ville?

« L’énergie, sans aucun doute! Voilà ce qui caractérise ma ville natale d’Arlon! On y a joué récemment. À l’occasion de la fête du Maitrank. Et le public était, disons, très… désinhibé. Mais pas qu’à cause de la musique, cela dit. (rires) C’était noir de monde, les gens étaient venus par milliers et participaient comme des fous dans une ambiance du tonnerre. Mais j’adore aussi les petits concerts plus calmes dans ma ville. Car, là, les spectateurs viennent en famille. C’est une ambiance très sympa, généralement face à assez bien d’enfants. Ces gens ne viendraient jamais nous voir en salle. Mais ils me connaissent “via-viaˮ. Et alors, c’est à moi de les conquérir, j’aime bien ce genre de défi! »

Que changeriez-vous en Wallonie si vous le pouviez?

« Si je pouvais, je changerais les panneaux indiquant les noms de villes sur les autoroutes… et je supprimerais les traductions stupides. Pour que l’on arrive, justement, plus facilement en Wallonie. Qui donc a eu l’idée de traduire “Tubize” par “Tubeke” ou “Mons” par “Bergen”? Tu imagines les touristes étrangers qui veulent aller au Doudou et voient des plaques “Bergen” et pas “Mons”. Ou alors ceux qui aiment le péket et doivent suivre “Luik” pour tenter d’arriver à “Liège”? »


 

Pierre Kroll 
dessinateur humoriste, homme de radio et de télé

Pourquoi aimez-vous la Wallonie?

« Parce qu’elle résiste à une certaine sinistrose! Et se montre de plus en plus capable de fédérer les initiatives. Regardez Mons 2015! Je suis heureux de cette Wallonie qui tente tout doucement de se redresser. Même s’il y a du boulot! Mais nous avons notre enthousiasme pour nous. »

Qu’est-ce qui vous inspire le plus dans votre ville?

« La vie nocturne liégeoise est très réputée, et c’est bien justifié. Car la fameuse convivialité liégeoise n’est pas un mythe. La liste des événements qui se tiennent à Liège n’arrête pas de s’allonger. Le dernier énorme exemple en date, le festival Les Ardentes, qui accueillera notamment Indochine cet été. Ceci nous amène aussi à l’incroyable richesse culturelle de Liège. Nous disposons d’artistes exceptionnels. Je pense par exemple à Benjamin Schoos, alias Miam Monster Miam. Ou au défunt “Cirque Divers”, qui accueillait des invités qui préféraient venir ici qu’à Bruxelles. C’était un signe, quand-même… »

Que changeriez-vous en Wallonie si vous le pouviez?

« Nous devons encore un peu plus nous retrousser les manches. Et combattre cette attitude assez répandue, et très fataliste, consistant à “attendre que ça aille mieux”. Il faut entreprendre. Et aussi valoriser ce dont nous disposons. À Liège, le Palais des Princes-Évêques, qui est magnifique, sert à abriter un ministère. Un peu comme si Versailles ne se visitait pas et servait à héberger des fonctionnaires ! Inimaginable, non? »