Le développement durable est à la mode, les entreprises l’ont bien compris. Ainsi elles n’hésitent plus à investir en ce sens dans l’optique d’une croissance à long terme. Ces investissements répondent à différentes motivations comme le souligne Albert Charlier, analyste chez Video-Eiris, l’expert européen de l’analyse, la cotation et l’audit-conseil sur les enjeux sociaux et environnementaux. « Les investissements améliorant la performance environnementale permettent de faire des économies. On a ensuite le management du capital humain qui est plus axé sur la cohésion sociale. Puis des projets basés sur la société en misant sur une meilleure insertion socio-économique de l’entreprise dans l’environnement local. Ainsi portés par la population ils sont plus performants ». De tels investissements peuvent se faire dans la qualité des produits, des services et de la chaîne d’approvisionnement.

 

Faire le tri entre projets réellement durables et green washing –  Albert Charlier

 

Motivations diverses
Albert Charlier observe que « les entreprises sont d’abord motivées par ce type de projet car ils rapportent durablement et cela correspond à une gestion classique d’entreprise ». Il nuance en prévenant que si la plupart des entreprises investissent dans ce sens, il faut faire le tri entre le réellement durable et les investissements liés à la simple renommée, nommés ‘green washing’. Avant d’ajouter que « si la raison principale tient dans la rentabilité, l’entreprise peut vouloir éviter d’avoir à payer des amendes tout comme rechercher un meilleur fonctionnement. ». Une manière « de se donner une longueur d’avance sur ses concurrents au moment où les normes environnementales deviennent plus strictes » mais aussi « d’améliorer l’image notamment auprès des investisseurs » précise l’analyste.

Une rentabilité avérée
S’il n’est pas toujours aisé d’en mesurer la rentabilité, les exemples de « virage vert » ne manquent pas en Belgique. La plupart d’ailleurs opérés avec succès. L’analyste de Vigeo-Eiris cite Umicore, ancienne Union Minière, qui s’est positionnée sur la récupération de métaux précieux à partir de déchets électriques. En recyclant des matières déjà à disposition, on épargne le milieu naturel. Pour lui, l’image peu avantageuse dans l’opinion publique, liée aux effets environnementaux des sites de production, s’en trouve modifiée. Il cite également Solvay qui a pris des initiatives au niveau social interne en signant un accord-cadre avec une fédération syndicale internationale, tout en se désengageant de la production de PCV. A Gand aussi, la papeterie finlandaise Stora Enso a implanté une usine de fabrication de papier 100% recyclés, diminuant la pression sur les matières premières ‘pures’.

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« Construction durable = maîtrise des charges »
Dans la construction, matériaux naturels et optimisation énergétique ont le vent en poupe. Selon Aymé Argelès, Conseiller principal  Environnement-Technologies à la Confédération Construction Wallonne, la construction bois augmente chaque année. On utilise de plus en plus de matériaux à base ‘bio-sourcée’ comme la laine de chanvre, ou recyclée, telle la cellulose. « En construisant des bâtiments tertiaires performants au niveau énergétique, l’investissement varie de 5 à 15 % en plus mais c’est rentable sur la durée. On a une plus-value immobilière et on maîtrise beaucoup mieux ses charges » observe le conseiller. Des promoteurs comme le liégeois Groupe Horizon ou encore Thomas & Piron construisent d’ailleurs de plus en plus de bâtiments passifs aux performances énergétiques très bonnes. Et Albert Charlier de Vigeo-Eiris de conclure : « c’est la tendance générale, une entreprise qui n’a pas ce genre d’initiative est probablement vouée à disparaître à long terme. »