Chacun de nous produit quotidiennement environ 1 kg de déchets ménagers. Il faut ajouter à cela 3.500 kg de déchets industriels par personne qui proviennent de la fabrication de nos biens de consommation. Sans oublier les quelques 17 tonnes, par habitant et par an, de matières premières qui entrent sur le territoire européen pour alimenter l’industrie.

N’oubliez pas les déchets cachés
Il y a également encore les déchets miniers et de première transformation qui restent dans les pays producteurs, le plus souvent de l’hémisphère sud. Ces déchets cachés alourdissent fortement notre consommation quotidienne. Au total, on estime qu’un Européen consomme en moyenne près de 50 tonnes de ressources par an, dont une petite fraction seulement termine entre les mains du consommateur sous forme de produit.

 

Plus de 91 % des ménages wallons trient aujourd’hui leurs déchets – Marie Minet

 

75 kg de déchets pour un portable
Comment la facture peut-elle être aussi élevée? Facile à imaginer lorsqu’on se rend compte qu’un simple téléphone portable implique 75 kg de déchets cachés et un ordinateur 1.500 kg. Devant le parc informatique et téléphonique des entreprises belges, on peut dire qu’elles pèsent lourd dans la balance… Une bonne gestion des déchets industriels est donc primordiale pour différentes raisons: elle permet d’économiser des ressources, de préserver la santé humaine et l’environnement, elle fait économiser de l’argent aux entreprises et est créatrice d’emplois.

Nouvelles obligations de tri
La Wallonie était un peu à la traîne, mais rattrape son retard. Au début de l’année cinq nouvelles obligations de tri pour les entreprises sont entrées en vigueur en Wallonie: déchets d’emballage en verre, PMC, déchets d’emballages industriels, comme les housses, films et sacs en plastique, déchets papier/carton et déchets métalliques doivent désormais être triés. « C’est une évolution nécessaire et évidente dans la gestion des déchets en Wallonie. Plus de 91 % des ménages wallons trient aujourd’hui leurs déchets », précise Marie Minet, Porte-parole du ministre.

Beaucoup plus que déchets ménagers
« Toutefois, ces déchets ménagers ne représentent que 10 % de la totalité du gisement des déchets en Wallonie, soit un peu moins de 2 millions de tonnes. Tous les acteurs non ménagers – près de 350.000 producteurs, industries, associations, commerces – produisent quant à eux près de 10 millions de tonnes de déchets dont 12 % sont éliminés en décharge. Le tri est également la première étape en faveur de l’économie circulaire. »

 

L’objectif est d’amener les gens à vivre sans déchets, mais sans effort – Iris Provoost

 

Bye bye incinérateurs
Et ce n’est pas tout: la prochaine étape démarrera le 1er janvier 2017 et concernera les déchets végétaux, de bois et de textiles. L’objectif? Sortir près de 100.000 tonnes de déchets des incinérateurs et des décharges. Cette obligation de tri pour les entreprises existe en Flandre depuis 2012 et dans la région de Bruxelles-Capitale depuis 2013. Pour la collecte de leurs déchets, les entreprises ont le choix de faire appel aux services organisés par les communes pour les petites quantités de déchets ou à un collecteur privé.

Plutôt une question de changement de mentalité
Dans une Belgique durable, tous les matériaux devraient être biodégradables, ce qui supprimerait la question des déchets difficilement traitables comme ceux de l’industrie chimique. C’est là qu’intervient Magma Nova, un studio de design et d’innovation bruxellois. « L’objectif est d’amener les gens à vivre sans déchets, mais sans effort. On ne peut rien forcer ni imposer. Ce n’est pas un problème technologique, c’est une question de changement de mentalité et d’habitudes », explique Iris Provoost, Community Developer du projet. Celui-ci intègre un grand nombre d’acteurs: experts 3D, architectes, designers, agriculteurs, spécialistes de la permaculture. Car c’est en réunissant toutes les expériences qu’ils pourront créer ensemble des objets pour l’un avec les déchets de l’autre.