La Belgique compte environ 300 franchises différentes dans des secteurs de plus en plus variés, tels que la distribution ou la restauration. Mais aussi les activités de service. Pourquoi ce système attire-t-il de plus en plus de vocations?

Le point commun d’enseignes apparemment aussi diverses que Prémaman, Brico, Tom & Co, Quick, Casa, Base et autres Pizza Hut tourne en fait autour d’un seul mot: franchise. Une façon de procéder basée sur une sorte de deal win-win entre le franchiseur, qui possède la marque et le savoir-faire. Et le franchisé, un indépendant achetant le droit d’exploiter le concept et de vendre les produits de cette marque.

Motivé par prudence
Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du pays en la matière, et ancien secrétaire général de la Fédération Belge de la Franchise, Gilbert Lardinois confirme que le secteur est, aujourd’hui, en pleine expansion. Pour lui, cet engouement est principalement motivé par une certaine prudence. Car la franchise permet de ne pas débuter l’aventure tout seul, mais bel et bien accompagné par une marque forte. « Les gens qui veulent se lancer préfèrent faire référence à un franchiseur qui jouit déjà d’un concept bien établi. Auparavant, la grande distribution était la plus concernée », explique-t-il. « Mais aujourd’hui, la franchise se développe dans tous les domaines: cela va de la maintenance industrielle à l’aide aux personnes. Mais, même si elle se répand de plus en plus, la franchise ne s’improvise pas. »

 

Aujourd’hui, la franchise se développe dans tous les domaines – Gilbert Lardinois

 

Des moyens financiers conséquents
Pour devenir indépendant franchisé, il faut tout d’abord consacrer des moyens financiers au projet. C’est-à-dire payer un droit d’entrée, à savoir l’autorisation d’utiliser le nom de la marque concernée. Ici, les prix varient de 10.000 à 150.000 euros selon l’activité et la notoriété de l’enseigne qui vise le franchisé. Ensuite, il faut investir dans le bâtiment, le stock et l’équipement. Pour ce faire, il faut prévoir de 50.000 à 1.000.000 d’euros, voire parfois davantage. Une fois l’activité lancée, des royalties doivent être versées au propriétaire de l’enseigne. Sous forme d’un pourcentage du chiffre d’affaires ou une commission dont les marges varient selon les secteurs. C’est dans la distribution que l’investissement s’avère généralement le plus lourd.  Luc Bormans, franchisé indépendant dans ce même secteur, précise: « Il faut absolument suivre une formation et être bien préparé pour tenter l’aventure. Car c’est le franchisé qui prend tous les risques financiers. Un diplôme d’humanités ne suffit plus aujourd’hui pour se lancer. »

 

Il faut absolument suivre une formation et être bien préparé – Luc Bormans

 

Eventail de qualités exigé
Ce que confirme Cédric Giacinti, un homme au parcours atypique. Puisque il a été franchisé de l’enseigne de restauration rapide Subway, avant d’en devenir… directeur de la Franchise. « Un jeune réseau, comme le nôtre, connaît toujours un cycle qui suit les étapes suivantes: création, croissance externe, consolidation, croissance interne et à nouveau croissance externe. Nous sommes donc en phase de consolidation avec un réseau significatif de 500 restaurants en France et près d’une cinquantaine de franchisés en Belgique. Cette phase passe donc par un accompagnement individuel de chaque entrepreneur qui a investi avec nous. » L’objectif de cet ordre de mission est que chaque franchisé puisse optimiser au mieux son outil de travail dans toutes ses dimensions. Ce qui exige de multiples capacités.

Soyez sévère pour vous-même
Il importe donc de passer une sorte d’auto-examen avant de se lancer, histoire que le projet de franchise tienne la route et ne sombre pas dès les premières, inévitables, difficultés. Il faut évaluer ses aptitudes personnelles et financières, sa situation actuelle, ainsi que ses objectifs. En répondant à une série de questions. Lardinois reprend: « Dans quel secteur d’activité êtes-vous désireux et capable de fonctionner, de quels fonds propres disposez-vous, êtes-vous prêt à risquer votre patrimoine en créant votre entreprise, quelle est votre mobilité géographique? Et, enfin, quels sont vos objectifs pour les cinq à dix prochaines années? » Si les réponses à toutes ces questions sont réalistes, honnêtes, et encourageantes, le projet de franchise devrait fonctionner. Et s’inscrire dans la meilleure logique possible pour répondre à la pénurie d’emplois actuelle: créer son propre job.