Créer une entreprise n’est pas simple. Heureusement, les autorités proposent pas mal de mesures de soutien pour aider ces entrepreneurs débutants. Les start-up du secteur des technologies peuvent ainsi choisir entre de nombreux incubateurs et tech hubs.

Une personne qui crée aujourd’hui une entreprise a besoin d’une demi-journée pour répertorier tous les subventions, bonus, réductions, avantages fiscaux et primes auxquels elle pourrait avoir droit. Il est presque impossible d’en avoir un aperçu correct. Jelle Volckaerts, conseiller starters chez UNIZO, connaît le problème. « Il existe en effet beaucoup de subventions, UNIZO n’est dès lors pas partisan d’en créer encore de nouvelles », dit-il. « Il vaut mieux d’abord veiller à ce que les entrepreneurs aient un bon aperçu de toutes les mesures existantes. »

Subventions en Flandre & Wallonie
Il est impossible de dire simplement à quelles subventions une entreprise a droit. Dans quelle région se trouve-t-elle? S’agit-il d’un starter pur ou d’une société déjà existante? Dans quel secteur la société est-elle active? Quelle est l’aide souhaitée? Formations? Exportations? Mesures environnementales? Tout cela joue un rôle. « Vous trouverez un aperçu complet sur la banque de données en ligne des subventions de l’agence flamande à l’innovation et l’entreprise ‘Agentschap Innoveren en Ondernemen’ (En Wallonie: Agence pour l’Entreprise & l’Innovation, ndlr.), explique J. Volckaerts. « Outre les subventions communales, on y trouve à peu près toutes les mesures de soutien possibles qui existent.

 

C’est surtout le track record d’un incubateur qui est important. Le problème est que les incubateurs belges n’ont souvent pas de track record – Omar Mohout

 

Règles pour les starters
Beaucoup de recherches en perspective donc pour un jeune entrepreneur. Jelle Volckaerts indique toutefois deux règles attrayantes pour tous les starters. « Elles se rapportent essentiellement au financement. Les banques étant à présent plus réticentes à prêter de l’argent, ces aides sont vraiment intéressantes. »

L’emprunt Win-Win & Startlening Plus
Il attire par exemple l’attention sur l’emprunt ‘Win-Win’. Il permet d’officialiser par le biais d’un contrat l’emprunt d’un starter auprès d’amis ou de membres de la famille. Les personnes qui mettent leur argent à disposition en tirent aussi des avantages : elles reçoivent un crédit d’impôt de 2,5 % sur le montant prêté. Qu’en est-il si l’emprunt ne peut, malheureusement, pas être remboursé? Il est alors possible de récupérer 30 % via les impôts. Une autre mesure intéressante est l’emprunt ‘Startlening Plus’; les entreprises débutantes peuvent ainsi se financer sans avoir besoin grandes garanties. « Cet emprunt est prévu pour les starters ayant moins de quatre ans d’expérience et est de maximum 100.000 euros », explique J. Volckaerts. « Le taux d’intérêt s’élève à 3 %. »

 

En tant que start-up, un incubateur est-il absolument nécessaire ? Non, mais cela peut tout de même être un levier pour l’entrepreneuriat – Omar Mohout

 

Plein d’incubateurs
Bien entendu, une entreprise n’a pas uniquement besoin de soutien financier. Elle a également besoin de conseils, d’encouragements et d’accès aux réseaux. Le secteur de la technologie l’a bien compris. Le professeur Omar Mohout de l’Antwerp Management School suit depuis des années la scène des start-up belges avec attention et a vu naître à un rythme effréné espaces de coworking, start-up villages, accélérateurs et autres incubateurs, regroupant ce type de sociétés. La tendance joue également un grand rôle. « J’estime qu’il y en a bien 60 en Belgique », dit-il. « Certains spécialistes trouvent que cinq initiatives semblables seraient suffisantes pour la Belgique. »

Avantage ou pas necessaire
Il s’avère aussi qu’il est tout à fait possible de lancer une start-up sans l’aide d’un tel incubateur. « Cette année, environ 1.025 entreprises d’Europe et d’Israël ont pu aller chercher plus d’un million de dollars auprès d’investisseurs », affirme O. Mohout. « Seuls 5 % de ces sociétés ont fait partie d’un incubateur, en Europe ou quelque part ailleurs. » Ce n’est donc absolument pas nécessaire pour évoluer? Non. « Mais, malgré tout, cela peut être un levier important pour l’entrepreneuriat. Et nous en avons besoin dans notre pays. »

Regarde au track record
Et si, en tant qu’entreprise, vous souhaitez faire partie d’un incubateur, comment faire le bon choix? « La raison principale devrait surtout être le track record », estime O. Mohout. « Qu’ont-ils fait par le passé et quelles entreprises en pleine croissance en sont issues? Le problème est évidemment qu’il n’y a souvent pas de track record en Belgique (rires). » La qualité des mentors joue également un grand rôle dans ce track record. O. Mohout fait référence à Y Combinator, un légendaire incubateur américain qui a notamment produit AirBnB et Dropbox. « L’expérience et le track record qu’il peut présenter, on ne peut bien entendu qu’en rêver. »