Quand on vient d’un milieu modeste comme Michael Miraglia, on apprend vite à ne pas jeter l’argent par les fenêtres. Et quand on a présenté une émission de consommation, on connaît les trucs pour ne pas faire de dépenses inutiles.

Après avoir passé 5 ans à donner des conseils dans On n’est pas des pigeons, Michael Miraglia est devenu un journaliste éclairé sur les économies qu’il est possible de faire en consommant malin. Mais applique-t-il pour autant les astuces livrées au public qu’il continue de divertir et d’informer chaque jour dans De quoi je me mêle sur RTL-TVI ?

Pour vous, que représente le concept de consommer malin?
« Être attentif et vigilant à toutes les astuces de consommation qui sont distillées soit dans des émissions, soit sur de nombreux sites internet. Avec la crise, on trouve des conseils pour consommer moins et réduire ses dépenses un peu partout donc c’est assez facile d’être informé. Reste à appliquer ces fameux conseils. Et là, ce n’est pas plus facile pour moi que pour les autres. On a tous envie d’économiser de l’argent, mais on ne change pas facilement ses habitudes… »

Quelles démarches avez-vous personnellement faites en ce sens?
« J’ai changé d’opérateur de télévision et d’internet. Le bon côté, c’est que je fais effectivement des économies depuis. Le mauvais côté, c’est que j’ai perdu en qualité de réception internet et un certain nombre de chaînes. La preuve qu’il faut étudier les différentes offres dans le détail pour savoir celle qui correspond le mieux à vos besoins, et pas simplement regarder la promotion! »

em-010

Avez-vous d’autres astuces à partager?
« Une habitude que j’ai prise et qui ne me pèse pas, c’est de surveiller ce qui est branché. Je débranche la multiprise parce qu’elle consomme de l’énergie rien que lorsque des chargeurs sont dessus. J’ai programmé mon chauffage central en fonction de mes habitudes et je fais attention à ne pas laisser les fenêtres ouvertes quand le radiateur fonctionne par exemple. J’avoue que je pourrais faire d’autres efforts, il faut juste que je trouve le temps de me pencher sur la question. »

 

Entre 22 et 25 ans, je devais économiser parfois des semaines ou des mois à l’avance pour
fêter la Ducasse de Mons

 

Que faites-vous des économies réalisées sur votre consommation d’énergie?
« Le mois de juin n’est plus aussi compliqué avec les relevés annuels de consommation en eau, gaz, électricité. Mais je ne dépense pas forcément l’argent épargné. Sans être pingre, je suis relativement économe et j’ai besoin d’être rassuré. Par exemple, je connais pas mal de confrères qui vivent en négatif tout le mois et dont le salaire ne sert qu’à remettre le compte à zéro. Je ne les juge pas, mais ce genre de situation m’angoisserait. J’ai besoin d’avoir une poire pour la soif. »

Cela veut dire que vous épargnez une somme chaque mois?
« Pas systématiquement. J’attends la fin du mois et s’il reste quelque chose sur mon compte à vue, je ne me sens pas obligé de le dépenser, je préfère le mettre de côté pour les moments plus difficiles. Je pars du principe qu’on n’est jamais à l’abri d’un coup dur et si ça arrive, je pourrai aller puiser sur mon compte épargne. Ou alors quand j’aurai vraiment envie de m’offrir quelque chose de plus coûteux comme des vacances. »

 

 Avec la crise, on trouve des conseils pour consommer moins un peu partout

D’où vient cette prudence?
« De mon éducation. Je viens d’un milieu modeste même si je n’ai manqué de rien. Mon grand-père était très généreux, mais il m’a fait comprendre que s’il pouvait se le permettre, c’est parce qu’il avait bien géré auparavant. Il m’a appris deux principes. Un: on ne dépense pas l’argent qu’on n’a pas. Deux: on n’emprunte pas d’argent, sauf pour une maison ou éventuellement une voiture. Du coup, je n’ai jamais été tenté d’acheter à crédit pour une télé, même avec intérêt zéro ».

Puisque les comptes épargne ne rapportent presque rien : placez-vous votre argent?
« Non car je n’ai pas le temps d’étudier la question et je n’ai peut-être pas envie de prendre de risques. Sans oublier que ça me rassure d’avoir l’argent disponible et pas bloqué. Je sais que je fais une grosse erreur, mais je n’ai même pas souscrit d’épargne-pension. C’est mon côté angoissé: je préfère avoir 1.000 euros sur un compte épargne que de verser 50 euros par mois pour une épargne-pension même si je suis conscient que ce sera intéressant dans 30 ans. »

 

Je pourrais faire des efforts, mais il faut que j’en trouve le temps

 

Cette inquiétude vous empêche-t-elle de dépenser?
« Pas du tout. Je ne me refuse pas un restaurant ou un vêtement car j’aime profiter de la vie. Mais je me rends compte que tout le monde ne peut pas se permettre le même confort de vie. Même si je m’estime figurer parmi les privilégiés quand je connais le salaire moyen des Belges, je n’oublie pas les premières années de ma vie active. Entre 22 et 25 ans, j’étais pigiste et entre le loyer et les charges, je devais économiser parfois des semaines ou des mois à l’avance pour fêter la Ducasse de Mons car c’était un petit budget. »

Vous avez connu le carnet d’épargne à l’école?
« Oui, ce n’était pas obligatoire, mais chaque lundi, j’avais un petit billet à amener à la maîtresse pour économiser. Ça m’a sans doute permis d’avoir la valeur de l’épargne comme à d’autres. Dans notre société de consommation, ça vaut peut-être le coup d’expliquer aux enfants que s’ils ont des sous pour acheter 10 bonbons, ils peuvent aussi n’en acheter que 5 et mettre le reste de côté. »

 

 Avec la crise, on trouve des conseils pour consommer moins un peu partout

 

 

C’est comme ça que vous gériez votre argent de poche?
« Pas toujours. Pour m’éviter de me disperser avec un job d’étudiant, mes parents me donnaient 1.500 francs belges par semaine en plus de mon kot et mes courses. Pour eux, il était très important que je me consacre à mes études. À l’époque, je me sentais riche. Entre 1995 et 1999, cet argent de poche me permettait de m’acheter un sandwich tous les jours, de boire des verres avec mes potes, d’aller au ciné ou au resto, de m’offrir un CD… En même temps, ça a été un bon investissement puisque je n’ai jamais eu de seconde session et j’ai trouvé du travail tout de suite. »

Vous êtes propriétaire?
« Oui, mais davantage par raison que par coup de cœur. Je louais à Mons depuis 4 ou 5 ans lorsqu’un ami agent immobilier m’a parlé d’une super occasion dans un tout nouvel immeuble. J’ai dû me décider très vite et expliquer à mes parents qui avaient acheté à l’époque leur maison deux millions de francs belges sur vingt ans que j’achetais un petit appartement pour le double (100.000 euros) sur 30 ans. Maintenant, je vis à Bruxelles et je l’ai loué. C’est mon épargne-pension à moi. »