Multiplicité des tâches aidant, les spécialistes IT essaiment dans tous les secteurs. Avec un maximum d’appelés et assez bien d’élus. Mais ces derniers sont-ils toujours à la hauteur?

exp_2Patrick Steinfort, président de l’IAB (Internet Advertising Bureau) et directeur de Pragma Consult, société éditrice de sites internet.

L’enseignement suffit-il à la formation professionnelle dans le secteur de l’IT?
« Dans le cadre de formations générales, on observe un paradoxe: les gens qui sortent de l’école sont des “digital nativesˮ, connaissent parfaitement les médias sociaux et savent s’en servir. Par contre, concernant des logiciels plus basiques, ou, au contraire, des connaissances informatiques plus poussées, la plupart d’entre eux éprouvent des difficultés. Et quand ils disposent d’un bagage technique suffisant, encore faut-il qu’ils sachent appliquer leurs connaissances techniques à leurs idées. Bref, ils doivent apprendre à se structurer. Et c’est parfois là que le bât blesse! »

Selon vous, quel est le profil IT idéal pour rejoindre une entreprise?
« Il faut miser sur un mélange de formation et de passion! Je crois que c’est le meilleur moyen de monter en grade dans ce secteur. Nous observons l’émergence de deux profils différents: les purs spécialistes IT, très calés dans les lignes de code. Et, aussi, les autodidactes des logiciels. C’est-à-dire ceux qui testent, essaient et bidouillent. Bref, ceux qui nous apportent plus qu’une connaissance apprise à l’école. De manière générale, tous les logiciels évoluent très vite et se complexifient un peu plus à chaque mise à jour. Dans cette optique, le candidat idéal sera celui qui en tirera le maximum de potentiel. En résumé, donc, selon moi, la meilleure solution pour un chercheur d’emploi dans ce domaine consiste à se mettre à jour presque en temps réel. Pour cela, il faudrait aussi que le prix des licences diminue. Car elles sont nécessaires pour qu’un étudiant puisse se mettre à niveau! Mais leur coût est souvent prohibitif. »

Quels sont les grands défis futurs pour l’emploi dans le secteur IT?
« Il faudra trouver l’adéquation idéale entre ce qui est enseigné et les compétences recherchées par les entreprises. Pour ne parler que de la bureautique, ces outils sont souvent très mal maîtrisés par les candidats qui sortent de l’école. Mais cela progresse. Des écoles mettent par exemple en place des cours de programmation, c’est un bon début… Il faut encore qu’elles forment aux outils de base de la bureautique! »


 

exp_3Jean-Philippe Maes, client director & partner de l’agence de communication événementielle PROFIRST

L’enseignement suffit-il à la formation professionnelle dans le secteur de l’IT?
« On a souvent remarqué un déséquilibre entre ce qu’offrait l’enseignement et ce dont nous avions vraiment besoin comme compétences. Désormais, nous veillons donc encore plus à ce souci lors de nos recherches de candidats. Et nous allons chercher de préférence des gens de formation supérieure. Là, nous remarquons souvent que ces personnes possèdent d’excellentes compétences en IT. Par contre, les gens appelés, par la suite, à faire, par exemple, des présentations, manquaient par contre de structure et étaient incapables d’appliquer leurs connaissances à nos besoins. Bref, même en informatique, ce volet de la formation est fondamental! Et je confirme, moi aussi, qu’il fait souvent défaut! »

Selon vous, quel est le profil IT idéal pour rejoindre une entreprise?
« La passion change bien entendu tout! Nous demandons généralement à nos spécialistes IT non seulement de bien savoir utiliser leur ordinateur et, aussi, voire surtout, de tenter tout ce qu’on leur a appris à ne pas faire… pour qu’ils soient non seulement compétents au niveau technique, mais aussi très créatifs. Ce qui est essentiel dans notre secteur. Pour moi, l’envie et la passion constituent donc les bases du moteur. Même si une bonne formation reste, bien entendu, un préalable impératif! »

Quels sont les grands défis futurs pour l’emploi dans le secteur IT?
« Pour l’avenir de la formation dans le secteur, nous croyons beaucoup à l’alternance, qui permet de véritables stages et une forte immersion dans l’entreprise. Ce processus nous donne donc l’occasion de voir, sur le terrain, si les gens sont bons quand ils sont en action. Et cela nous évite donc les erreurs dans les engagements, ainsi que les licenciements, et donc les drames en tout genre! En outre, l’alternance permet un échange dans les deux sens. Car ces gens, qui travaillent chez nous, nous apportent aussi des choses, dans une logique de créativité participative. Ce que nous recherchons dans la communication événementielle! »


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Stéphanie Wyard, responsable relations publiques et porte-parole du FOREM.

L’enseignement suffit-il à la formation professionnelle dans le secteur de l’IT?
« Le décalage entre formations et attentes des entreprises touche tous les secteurs à des degrés divers. Et l’IT n’échappe donc pas à la règle. Voilà pourquoi nous nous sommes dotés de “Centres de compétence”, offrant, après les études, un supplément de formation et donc… de compétence aux jeunes qui cherchent à entrer sur le marché du travail. C’est, je crois, la meilleure manière de trouver la plus forte adéquation possible entre le marché de l’emploi et le profil des candidats. D’autant plus que les entreprises sont parties prenantes dans ce projet. Et peuvent donc exactement nous dire de quoi elles ont besoin! Nous essayons de pousser cette complémentarité au maximum. »

Selon vous, quel est le profil IT idéal pour rejoindre une entreprise?
« À compétences égales, et cela coule de source dans tous les domaines, c’est souvent l’autonomie qui fait la différence. Aujourd’hui, l’IT touche une série de métiers. Par exemple, l’agriculture et la santé sont actuellement des secteurs où l’informatique est devenue essentielle. Tant les tracteurs que les tables d’opération sont bourrés d’électronique. Il est donc fondamental qu’une personne connaisse l’informatique, mais puisse aussi s’adapter au secteur dans lequel elle évolue. Et c’est bien entendu là que l’autonomie intervient. Mais les connaissances et cette fameuse autonomie restent indissociables. Puisque la seconde ne s’exprime pleinement que lorsqu’un candidat a totalement confiance en ses compétences. Moralité: tout est dans tout! »

Quels sont les grands défis futurs pour l’emploi dans le secteur IT?
« De manière générale, les employeurs ont besoin de compétences élevées et veulent avoir confiance en leur employé. Cela passe donc par des notions aussi limpides que l’esprit d’équipe, le respect de la structure, ou notre fameuse autonomie. Un défi futur pour le secteur sera peut-être aussi de parfaire, lui-même, les compétences les plus fines dont il aura besoin, tant l’IT devient complexe et spécifique. Au moyen de formations internes encore plus poussées, par exemple… »