Entre le télé-crochet The Voice, ses concerts et son émission radio, BJ Scott n’a pas le temps de souffler une minute. Noël est donc la période idéale pour faire un break, avant de se remettre au boulot dès le lendemain.

BJ Scott, la chanteuse américaine aime fêter Noël en Belgique. L’occasion de se retrouver en famille, en toute simplicité, autour d’un bon repas qu’elle a cuisiné sur fond de musiques de Noël. Nous l’avons rencontrée, dans son studio, entre deux séances de coaching.

Que représente la période de Noël pour vous?
« C’est assez paradoxal. D’un côté, c’est la fête, partager un bon moment, la bonne cuisine. J’aime bien l’idée que les familles puissent se retrouver ensemble. L’autre côté, c’est la tristesse: la pression de réussir les fêtes à tout prix. Ce côté contraignant me désole, je trouve que c’est devenu de plus en plus matérialiste. Le fait de vouloir les meilleurs cadeaux, tous ces trucs qui tournent autour des achats, je n’aime vraiment pas ça. Je préfère les petits gestes, sauf pour les enfants, bien sûr, eux on les gâte. Mais entre adultes on devrait éviter cette contrainte d’offrir des cadeaux luxueux, achetés à temps. Ça frôle l’hypocrisie. C’est aussi une période où il y a beaucoup de gens qui sont mal dans leur peau et isolés. »

 

J’aime passer du temps à cuisiner

 

Que faites-vous pour les fêtes?
« Mon mari a une maman qui adore Noël. Elle a 91 ans et depuis vingt ans, je fête Noël chez elle, parce que c’est extrêmement important pour elle. Ça me rend heureuse de faire plaisir à quelqu’un que j’aime vraiment beaucoup. Je cuisine avec toute la famille et on échange les cadeaux, comme tout le monde. C’est le plus grand bonheur de ma petite belle-mère. Je crois que quand je vis Noël à travers elle, ça reprend son sens: c’est féerique, c’est beau, nostalgique, touchant. Quand je le vis à travers nos gosses c’est plus de stress, tout le monde travaille, c’est plus difficile pour eux. Mais une fois qu’on pousse la porte, c’est fini, on peut se relaxer. »

Avant de fêter Noël chez votre belle-mère, que faisiez-vous?
« Avant d’être avec mon mari, j’ai travaillé comme bénévole pour ceux qui n’avaient pas de famille, pour les banques alimentaires ou les enfants démunis. On trouvait toujours quelque chose à faire de Noël, pour créer une famille d’une nuit. »

La fête de Noël est-elle fort différente en Belgique et aux États-Unis?
« C’est à peu près la même chose. La grande différence c’est qu’aux États-Unis, ils fêtent Noël le 25 décembre. La veille, chaque famille reste chez elle, les chaussettes sont pendues à la cheminée, les cadeaux au pied du sapin. On met les enfants au lit tôt et les parents rajoutent des présents supplémentaires qu’ils n’emballent pas, pendant que les petits sont endormis. Le lendemain, on se lève, et on déballe les cadeaux en pyjama. L’après-midi, on va chez un membre de la famille et on mange le “Christmas dinner”. C’est très similaire à la Saint-Nicolas en Belgique. »

BJ Scott

Entre adultes, on devrait éviter cette contrainte d’offrir des cadeaux luxueux

 

Vous dites adorer cuisiner, quelle est votre spécialité en cette période?
« Ça dépend des années. Je crois que cette année-ci, je ferai mes fameuses roulades de soles crème et safran. Ils aiment bien ça, avec une simple purée. Et pour les vegans, j’espère pouvoir faire une soupe de noisettes avec une crème de poivrons rôtis. C’est nouveau dans la famille, mais c’est un chouette challenge pour moi de trouver des recettes adaptées. Le dessert, c’est normalement ma belle-soeur qui le fait: une bonne mousse au chocolat bien belge. J’aime passer du temps à cuisiner, je trouve ça important. C’est très difficile, parce que je travaille énormément, jusqu’au dernier moment. Mais j’ai mes astuces pour préparer le repas pour dix-onze personnes et je m’en sors! »

Vous aimez décorer votre maison?
« Chez moi, non, mais ma belle-mère le fait depuis toujours. L’arbre de Noël, la crèche, les bougies, elle tient à ça. Ce qui est mignon, c’est que toutes les décorations correspondent à différentes époques. Elle a conservé des petits objets que mon mari et sa sœur ont fait quand ils avaient cinq-six ans. C’est peut-être usé, un peu craquelé ou en pâte à sel, mais peu importe si ce n’est plus vraiment présentable, on y tient. Puis il y a les petits-enfants et les arrières-petits-enfants qui décorent maintenant. »

 

Avant d’être avec mon mari, j’ai travaillé comme bénévole pour ceux qui n’avaient pas de famille

 

Avez-vous un souvenir marquant à nous raconter?
« J’ai un souvenir très fort. J’avais environ six ans et en Alabama, il faisait froid, mais nous n’avions pas de neige. Mon grand-père avait une patte de biche, parce qu’il chassait. Je me souviens qu’il était allé dans la drève de sable fin pour dessiner des empreintes de biche et avait ajouté une trace comme si un traîneau était passé. C’était très mignon, il avait dit que c’était là que le Père Noël était venu et je n’ai jamais oublié ça. Je le croyais à fond et j’ai dansé dans ce jardin, toute heureuse. Pour moi, c’est un très beau souvenir, encore une fois, lié aux grands-parents qui ont fait l’effort de garder cette magie, cette féerie, même dans un pays subtropical. »

Il y a une chanson de Noël qui vous plaît particulièrement?
« J’aime vraiment ça, j’ai une playlist de 300 chansons! J’écoute ce genre de truc pendant que je cuisine. Ce sont tous les morceaux du style comédie musicale, un peu comiques. Il y a une chanson de William Bell, un chanteur de Stax-Volt que j’aime beaucoup. C’est très chouette, vraiment dans l’esprit de Noël. Les paroles surtout: “tous les jours sont un jour de fête depuis que tu fais partie de ma vie.” Je trouve ça très beau, mignon et touchant. J’adore parce que c’est bien représentatif des musiques de chez moi, très rythm and blues. Mon émission de radio du 25 décembre sera d’ailleurs consacrée à la musique de Noël du sud des États-Unis. »

 

Vous vous rendez sur les marchés de Noël?
« Même si je préfère la plage à la neige, j’adore ce genre d’ambiance sympa. J’aime acheter de l’artisanat, des choses locales. Évidemment, les gosses demandent toujours une Barbie, donc c’est difficile pour les petits. Mais pour les grands j’essaie vraiment de prendre des choses proches de l’Europe et si c’est belge, près de la maison, c’est encore mieux. »

Si BJ Scott n’avait pas été chanteuse, elle aurait été…
« Je crois que j’aurais voulu avoir plus de connaissances en cuisine. Entamer une carrière dans le monde culinaire et être reconnue dans ce domaine-là. La preuve: à Noël, j’aime regarder les émissions de cuisine. »