Adrien Devyver, c’est le journaliste présentateur le plus vitaminé de la RTBF. À la télévision, il nous aide à nous sentir bien du lundi au vendredi et nous fait rire un jeudi soir sur deux. À la ville, c’est un trentenaire qui a fait de son corps un allié.

C’est dans sa salle de sports à La Rasante qu’Adrien Devyver nous a fixé rendez-vous. Pas pour poser, mais parce qu’il y passe beaucoup de temps. Le tennis et le dépassement de soi constituent en effet une part importante de sa vie.

« Disons plutôt que c’est un partenaire que j’ai appris à connaître au fil des années. Il est au diapason de ce qui se passe dans ma tête. Par exemple, si je suis stressé, cela va se traduire physiquement par des maux de ventre. Donc j’essaie de garder un certain équilibre. »

L’équilibre dans l’alimentation aussi?
« Pas vraiment. Je mange ce que je veux quand j’en ai envie. Si j’ai envie d’une frite ou d’un burger, je ne vais pas me priver. Pourtant, ma femme mange très sainement et fait attention. Moi, je sais qu’il y a une limite à ne pas franchir pour que je me sente bien physiquement. Donc je vais limiter ma consommation d’alcool ou de malbouffe si je sens que j’ai atteint cette limite. C’est comme la barbe. Je dois la raser pour la télé. Parfois, je la laisse pousser plusieurs jours. Mais je sens quand la limite est atteinte. »

La cohérence cardiaque permet de mettre le fonctionnement de ton cœur et ta respiration en harmonie totale, en symbiose

Cela vous a pris beaucoup de temps pour connaître votre corps?
« Assez. Avec le temps, j’ai mis en place des stratégies. Par exemple, je pratique la cohérence cardiaque, cela m’aide vraiment. Elle permet de mettre le fonctionnement de ton cœur et ta respiration en harmonie totale, en symbiose. Je fais ça via une application sur mon smartphone. C’est un travail de respiration pendant 5 minutes et on ressent le bénéfice pendant 4 heures. On est plus zen, moins stressé par ce qui nous entoure. »

Vous pratiquez d’autres médecines parallèles?
« Je fais beaucoup de réflexologie plantaire, de l’ostéopathie, j’utilise la kinésiologie pour soigner quelques trucs. J’ai toujours été très concerné par ça. Et j’aime surtout bien diffuser l’info auprès de mes potes quand je m’occupe d’eux en interclubs de tennis. Ça tombe bien que j’anime une émission comme Vis ta mine aussi. Et comme je suis un peu hypocondriaque, je fais un check-up auprès de mon médecin tous les ans! »

Parlons-en, du tennis. Vous en faites beaucoup?
« En été, cinq fois par semaine. En hiver, un peu moins, trois fois par semaine environ. Quand je m’y suis remis sérieusement, je me suis fixé des objectifs avec des échéances. J’en ai déjà atteint quelques-uns. Et puis j’ai besoin de me dépenser. Même si je travaille beaucoup et si j’ai pas mal de déplacements, je garde du temps pour le sport. »

Être TDA, c’est aussi être flexible, créatif, innovant, bref, différent

C’est lié à vos troubles de l’attention?
« À l’époque, on ne mettait pas une étiquette sur ça, mais oui. Je n’ai été diagnostiqué que récemment. J’étais un gamin agité, une vraie pile électrique. À l’époque, on ne parlait pas encore de TDA (troubles de l’attention, ndlr.), on considérait ça comme normal, après tout j’étais un garçon, les garçons, ça remue! C’est à l’adolescence que ça s’est compliqué. Heureusement, j’ai trouvé ma voie dans le journalisme où mon hyperactivité est valorisée. Mais il aura fallu de longues années avant de mettre des mots sur cette façon particulière de fonctionner. »

Comment est-ce arrivé?
« Il y a deux ou trois ans, une maman a pris contact avec moi afin de m’expliquer que son fils de 9 ans était TDA/H. Une visite à la RTBF était prévue avec toute sa classe et son école estimait qu’il serait trop turbulent pour le voyage. Cette histoire m’a touché car c’était mon histoire. J’ai téléphoné à ce petit garçon pour l’accueillir avec moi toute une journée sur le tournage d’Un gars, un chef. Et je me suis associé à l’association TDA/H en Belgique afin que cette affection soit mieux connue du public. »

Finalement, cette particularité est-elle devenue une force?
« Toutes ces épreuves m’ont forgé, constituent ma force. Il y a eu des années difficiles. Être TDA/H, c’est aussi et surtout disposer d’incroyables ressources physiques et mentales. Être différent, c’est toujours un défi, mais un défi qui vaut la peine d’être relevé. À la clé, il y a le bonheur d’être soi-même. Là, je suis épanoui. »

Être différent, c’est toujours un défi, mais un défi qui vaut la peine d’être relevé

Cette conscience du corps, vous l’avez depuis tout petit?
« Oui, comme mon papa est kinésithérapeute. Il pratique la kiné très traditionnelle où il n’y a pas de machine. C’est du massage, c’est du contact, de la discussion. On a toujours été très baigné là-dedans. J’ai même voulu devenir secouriste. Suite à un accident, je me suis découvert une passion pour les ambulances. »

Vis ta mine, que vous présentez chaque jour sur La Une, c’était donc prédestiné?
« Presque. Cela fait plusieurs années que je l’avais suggérée au sein de la RTBF. Cette émission santé d’accompagnement, je l’avais proposée en version hebdomadaire. Puis la place a été laissée vacante par Un gars, un chef et on s’est rendu compte qu’il y avait une forte demande du public et que ça pouvait passer en quotidienne… J’ai pris beaucoup de responsabilités sur ce projet. Je suis content parce que j’ai réussi à y mettre ma patte. Et on continue à faire évoluer le programme. »

Quelles sont vos astuces santé personnelles ?
« Prendre du temps pour contempler. Ça m’arrive assez régulièrement de m’asseoir sur ma terrasse et de regarder le jardin pendant 5 minutes, sans rien, sans téléphone. Privilégier les moments de discussion avec son entourage comme faire un débriefing de la journée. Sinon, en matière de compléments, je prends de la vitamine C toute l’année et j’ai un produit magique: la spiruline. Ce sont des algues, bourrées de fer et de protéines et qui sont excellentes pour l’entretien des muscles et des articulations. C’est naturel et ça m’aide à moins me blesser en faisant du tennis. »

Si Adrien Devyver n’avait pas été journaliste, il serait…
« J’aurais sans doute exercé une profession liée au médical ou au paramédical. J’ai commencé des études d’infirmier. Ça s’est bien passé, mais mes profs m’ont dit que la kiné me correspondrait sans doute mieux. Après deux ans d’études de kiné, je travaillais avec des polytraumatisés et je me suis rendu compte que je prenais beaucoup sur moi. J’ai alors bifurqué vers le journalisme. Et je ne le regrette pas. Mais à l’avenir, je n’exclus pas de devenir coach. Pas sportif car je ne suis pas qualifié pour. Mais mental pour les gens qui font du sport. »

 

Le Xbody, sport des paresseux?

Les salles de sport équipées d’une borne diffusant des impulsions électriques voient le jour un peu partout en Belgique. Le Xbody, c’est la démocratisation des électrostimulations jusqu’ici délivrées par des kinésithérapeutes. La promesse? 20 minutes de Xbody équivaudraient à 2 heures de fitness avec un résultat visible à la fin de chaque séance. Deux séances par semaine à un intervalle de 3 jours suffiraient. Certains appellent cela le sport des paresseux…

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