En matière de traitement du cancer, on assiste en ce moment à quelques avancées fondamentales. La Belgique figure parmi les pays à la pointe de la technologie, notamment via les biopsies liquides, en passe de devenir de sérieuses alternatives aux biopsies classiques. Explication.

Aujourd’hui, pour diagnostiquer un cancer et opter pour son traitement le plus adéquat, les cancérologues se basent surtout sur les biopsies dites classiques, à savoir celles nécessitant des prélèvements d’échantillons d’organes, récoltés via une aiguille ou par frottis. C’est cela qui, souvent, détermine la prise en charge d’un patient souffrant d’une tumeur. Mais le domaine de l’oncologie moderne, en perpétuelle mutation, vient de franchir un nouveau cap, en commençant aussi à miser sur les biopsies dites liquides, envisageables grâce une simple prise de sang. On peut parler d’avancée majeure.

 

L’oncologie moderne vient de franchir un nouveau cap, en commençant à miser sur les biopsies dites liquides

 

Pour l’heure utilisée essentiellement dans le cadre de cancers métastatiques (comme le cancer du poumon, le cancer colorectal et le cancer du sein notamment), la biopsie liquide, en partant du sang, offre une lecture bien plus claire de la maladie. L’identification de celle-ci se révèle donc plus précise, et conséquence logique, le choix d’un traitement efficace s’en trouve facilité. C’est donc une vision nettement plus globale qui est à présent offerte aux spécialistes du cancer.

De meilleures chances de guérison
Si la technologie ne commence à faire ses preuves qu’aujourd’hui, c’est avant tout pour des raisons scientifiques. Puisqu’au-delà du temps qui a été logiquement utile pour la valider à l’échelle mondiale, elle requiert une technologie toute particulière et de très haute intensité, puisqu’il s’agit là d’analyser de l’ADN dans une minuscule quantité. C’est fatalement un soulagement pour l’ensemble du secteur, vécu par chacun avec espoir et passion, les cancérologues pouvant désormais explorer des voies inédites. Et pour certains types de cancers, offrir aux patients de meilleures chances de guérison.

 

Les données sanguines permettent de suivre plus facilement un patient à distance, en observant les éventuelles mutations de la tumeur

 

Mais la biopsie liquide bénéficie de bien d’autres atouts: dans le suivi notamment, qui ne contraint plus les patients à se rendre plusieurs fois à l’hôpital pour subir des interventions, souvent prenantes, tant en temps qu’en énergie. Enfin, les données sanguines permettent de suivre plus facilement un patient à distance, en observant les éventuelles mutations de la tumeur.

 

Onco

 

Biopsie liquide: après le sang, la salive et l’urine
Précurseur en la matière, la Belgique travaille sur les biopsies liquides depuis plus de cinq ans. Notre pays semble être en train de récolter les fruits d’un long travail d’anticipation, à l’image d’OncoDNA, cette société de biotechnologie située à Gosselies, qui a œuvré pendant trois ans à la mise en place de cet important test sanguin, grâce à la collaboration avec l’Institut de Pathologie et de Génétique (IPG). Ce dernier est aujourd’hui le plus important laboratoire de diagnostic du cancer chez nous. Là-bas, la technologie liquide imaginée a déjà permis de faire de fameux bonds dans l’identification du cancer du poumon, mais aussi dans le cancer colorectal ou encore, dans le cancer du sein. Certains résultats sont déjà probants.

 

Les laboratoires se dirigent vers un système où les deux types de biopsies devraient continuer à coexister

 

Les choses évoluant progressivement, les laboratoires se dirigent vers un système où les deux types de biopsies devraient continuer à coexister, les biopsies classiques permettant, entre autres, de poser le diagnostic initial de cancer, ainsi que de repérer les mutations génétiques des tumeurs, surtout celles n’étant pas retrouvées à des niveaux encore suffisants par la biopsie liquide. Celle-ci va en tout cas continuer à pas mal faire parler d’elle dans un futur assez proche. En ce moment-même, des chercheurs, dans le prolongement de leur travail, développent en parallèle l’analyse de salive et d’urine. Qui, en plus du sang, pourraient être utilisées dans les trois mois à venir. Déjà!