La prolifération des données qu’elles soient numériques ou analogiques permet de nouvelles opportunités commerciales. Encore faut-il en avoir conscience et en tirer les conclusions nécessaires.

Vous êtes un homme d’affaires plein d’ambition. Vous avez lancé votre propre société il y a quelques années et souhaitez la voir perdurer et se développer. Mais par où commencer? Vers qui se tourner? Qui démarcher? Et surtout comment? À l’ère d’Internet, des réseaux sociaux et des technologies avancées, vous avez toutes les cartes en main pour orienter votre plan commercial.

Les cartes gagnants
Mais encore faut-il arriver à sélectionner les cartes gagnantes dans un jeu qui en compte bien plus que 52. Cette problématique est ce qu’on appelle aujourd’hui la révolution Big Data. Une masse incommensurable de données sur lesquelles sont assises les entreprises et qui ne cessent d’augmenter de manière exponentielle. En soi, une vraie mine d’or.

 

Combien donneriez-vous pour savoir si l’entreprise avec laquelle vous souhaitez traiter paie bien ses fournisseurs Peter Gazelle

 

Erreurs à éviter
Bien évidemment, trop de données tuent les données. « Les entreprises ne disposent plus de l’expertise nécessaire pour traiter les données qu’elles récoltent », explique Peter Gazelle, managing director chez Graydon. Du coup, elles en arrivent à commettre de grosses erreurs qu’il s’agirait d’éviter. Ne pas définir ses objectifs assez clairement et choisir les sources de données les plus accessibles en est un exemple. Ne pas catégoriser les données nouvelles ou ne pas s’assurer de la qualité de celles-ci peut aussi être fatal. « Ce qui fait également défaut aux entreprises, c’est l’espace disponible pour stocker ces données. Les entreprises en manquent ». Si ce dernier problème peut être résolu en partie par l’utilisation du Cloud, la maîtrise des autres facteurs constituera, elle, la valeur de votre information. Mais à quel prix?

Valeur = prix d’or
La valeur! À côté du volume, de la vitesse et de la variété des données, c’est surtout ça qui intéresse les entrepreneurs. Et c’est cette valeur qui a aujourd’hui un prix d’or car elle permet d’orienter l’action commerciale de la meilleure manière qui soit au niveau des opportunités ou des risques. « Combien donneriez-vous pour savoir si l’entreprise avec laquelle vous souhaitez traiter paie bien ses fournisseurs », exemplifie Peter Gazelle. De même une société ne connaissant pas ses clients risque de se voir supplanter par des concurrents mieux informés. Ça n’a effectivement pas de prix.

Les rois d’ entreprises
L’ère du Big Data tend donc progressivement à favoriser l’émergence d’un nouveau marché: celui des Smart Data, des données traitées aux significations plus concrètes et réelles pour les entreprises. À coup d’algorithmes mathématiques et grâce à la capacité de stockage d’un grand nombre d’informations, certaines sociétés conseil en ont fait leur cheval de bataille. Si Google, Amazon ou encore Facebook en sont devenus les rois, d’autres entreprises, nationales cette-fois, ont depuis longtemps saisi les potentialités d’un tel secteur.

 

Aujourd’hui, une approche trop simpliste des données risque d’avoir des conséquences non négligeables sur les résultats et/ou la réputation d’une entreprise Frédéric Vandendris

 

Smart Data vs. Big Data
« Les Smart Data sont en fait l’objectif que nous cherchons à déterminer avec nos clients. Sur base des données brutes – Big Data – nous lui proposons des analyses différentes et adaptées à sa situation », explique Frédéric Vandendris, director product & finance chez Bisnode. Les analyses, elles, voient le jour sous formes descriptives (expliquer ce qu’il s’est passé), prédictives (tenter de prévoir ce qu’il va se passer), voire prescriptives (comment influencer le futur). Du Big Data au Smart Data, les données à prendre en compte se réduisent considérablement.

Conséquences non négligeables
Épaulés par des Data scientists de qualité, les entreprises qui ont saisi l’importance des Big Data ont sans nul doute un coup d’avance sur leurs concurrentes. « Aujourd’hui, une approche trop simpliste des données risque d’avoir des conséquences non négligeables sur les résultats et/ou la réputation d’une entreprise », ajoute Frédéric Vandendris. Certains estiment qu’environ 10.000 entreprises ont pris conscience de l’utilité du traitement des Big Data.

Outsourcing ou in-house
Pour gagner du temps, elles ont fait appel à des entreprises conseils qui les orientent via ces données (définition des objectifs, création de statistiques et d’analyses). Sur plus de 200.000 entreprises visant une clientèle d’entreprise (B2B), cela reste très minime. Et à moins de disposer d’un service interne allouant du temps, de l’expertise et de l’espace de stockage aux données brutes, nous sommes encore loin de prendre en compte les évolutions actuelles. Il est peut-être temps de rebattre les cartes.