Si, en Belgique, les entreprises innovantes – plus communément appelées start-up – ont aujourd’hui le vent en poupe et qu’elles stimulent la créativité, l’ensemble du secteur entrepreunarial jouit chez nous encore d’une belle marge de progression.

Ce n’est plus un secret pour personne, les start-up belges, qui viennent de connaître une année 2016 assez extraordinaire, sont en plein boom. Comme en témoigne, ces derniers temps, les reventes de plusieurs de ces jeunes entreprises – on citera en vrac Collibra ou Ticto… – à de grosses sociétés américaines, Microsoft, entre autres, au sein de marchés étrangers, pour l’heure, encore plus propices pour leur développement.

Lancer sa propre structure
Un phénomène qui s’explique. À une époque où, en Belgique et même ailleurs, le travail se fait plus incertain et où de nombreuses opportunités existent pour créer, offertes notamment par le digital, les jeunes entrepreneurs sont aujourd’hui plus enclins à lancer leur propre structure. Personne ne s’en plaindra. « Par définition, un bon entrepreneur reste avant tout quelqu’un de créatif, motivé et ambitieux », explique Bruno Wattenbergh, entre autres professeur et observateur économique à Solvay. « Il doit en outre avoir en lui une vision claire, une force de conviction et une capacité à pouvoir adapter sa stratégie par rapport à un marché. »

 

Ils ont plus de panache et n’hésitent plus à passer à l’acte Bruno Wattenbergh

 

Une tendance
Indirectement donc, via les barrières de création qui tombent, le comportement des jeunes entrepreneurs change. « Ils ont plus de panache et n’hésitent plus à passer à l’acte. Entreprendre devient même une tendance! » Des jeunes par ailleurs de mieux en mieux encadrés, ce dès leur cursus scolaire.

Des secteurs qui ont la cote
En somme, on assiste en quelque sorte à un nouvel élan autour de la création d’entreprise. Mais le marché en Belgique n’est bien sûr pas celui des États-Unis et pas mal de choses restent encore à améliorer. Omar Mohout, spécialiste entrepreunarial à l’Antwerp Management School, évoque la réussite des start-up, et certains domaines plus prisés. « Chez nous, les investisseurs des start-up misent surtout dans les biotechnologies. Mais le secteur digital et les sociétés axées sur les produits ou les services professionnels s’en sortent plutôt bien aussi. »

Préserver les talents belges
Si, pas à pas, les mentalités évoluent, un défi d’avenir sera de tenter de préserver davantage de ces talents: cela passera par la mise en valeur d’expériences de start-up abouties, mais aussi, leur émergence via des laboratoires spécifiques, aussi appelés des hubs, un assouplissement des lois et une baisse d’impôt. C’est d’ailleurs en cours: consciente de l’importance de ce courant, la Belgique, en ce moment, réagit. Le gouvernement fédéral a par exemple lancé un plan destiné à favoriser le financement des jeunes entreprises.

 

Les start-up belges ont la cote dans les biotechnologies, le secteur digital et les sociétés axées sur les produits ou les services professionnelsOmar Mohout

 

Profiter des avantages fiscaux
Comment? En octroyant un avantage fiscal à ceux qui décident d’investir dans le capital d’une start-up, via le « tax-shelter », qui a notamment fait ses preuves en culture. En d’autres termes, une réduction d’impôts est envisageable pour tout contribuable souhaitant créer une entreprise, voire d’en augmenter son capital. Le financement participatif ou crowdfunding, très tendance lui aussi, est concerné, avec des réductions allant jusqu’à 45 % d’impôts. « Et de nombreux jeunes entrepreneurs belges passent bien sûr encore par des structures publiques, souvent utiles pour poser les balises de la création », ajoute Bruno Wattenbergh.

Rebooster notre économie
Si du chemin reste encore à accomplir, les conséquences pourraient être, à terme, agréablement surprenantes pour notre petit pays. Une étude récente vient en effet de démontrer que si à peine 1 % des Belges injectaient une (infime) partie de leurs économies dans les start-up, ce sont des centaines de nouvelles sociétés qui pourraient être créées, et des milliers d’emplois générés! De quoi, pourquoi pas, revitaliser notre économie et maintenir la couverture sociale. Les start-up belges pourraient donc encore nous offrir quelques belles histoires, dans les années à venir!