La qualité wallonne a toujours été de pair avec le bon goût et les plaisirs du palais. Entre haute gastronomie, charmes du terroir et petits plats vite faits qui n’empêchent pas le bienfait. Trois questions à trois fines bouches…

Virginie Taittinger, créatrice de la Maison de Champagne « Virginie T. », venue en droite ligne de Reims

Les Wallons sont-ils des fins gourmets, en fait?
« Depuis toute petite, je traîne dans les cuisines! Et quand je suis arrivée en Belgique en 2001, cela n’a pas changé. Bien au contraire… D’autant plus que la plupart de mes contacts étaient, logiquement, des professionnels de la gastronomie, du fooding et de la boisson. Je passe souvent le week-end en balade dans les Ardennes belges, et je vous confirme que les Wallons sont de fins gourmets! Cela se remarque immédiatement aux produits, frais et excellents, que l’on croise sur les marchés. La saisonnalité revient, elle aussi, très à la mode. Une bonne habitude que les Wallons ont su allier à leur cuisine, utilisant surtout des produits de saison… »

Quel est le produit (ou le plat) wallon qui recueille vos faveurs?
« Il y en a plusieurs! Au niveau des purs produits, je citerais des choses comme les chicons, les choux ou la charcuterie… Surtout que ces ingrédients se prêtent à une variété incroyable de préparations… Donc, quand je sillonne la Wallonie, je choisi toujours mes itinéraires et mes arrêts en fonction de mes plats favoris, ou de ceux que j’ai envie de découvrir. De bons chicons au gratin ou un lapin-chasseur bien relevé peuvent me pousser à parcourir quelques kilomètres de plus, d’ailleurs… »

Vous mangez toujours sainement? Aucun « plaisir coupable »?
« Tout d’abord, je n’éprouve de culpabilité pour rien! J’ai la chance d’avoir une constitution qui me permet de ne pas prendre de poids. Alors que certains s’alourdissent de deux kilos juste en lisant la carte du resto. Mais je respecte cependant deux règles à la lettre: je ne mange que deux fois par jour, et ne grignote jamais entre les repas. Mon seul péché mignon, mais pas coupable du tout, consiste juste à terminer les repas sur une notre sucrée. Avec un morceau de chocolat, par exemple… Pour le reste, oui, je crois pouvoir dire que je mange sainement! Avant de venir habiter en Belgique, j’ai beaucoup voyagé aux quatre coins du monde. Mais, où que je sois, j’ai toujours veillé à manger des fruits et des légumes. »

Dany Boon, acteur, originaire du Nord de la France. Mais notre « ch’ti » favori a passé de longues années d’études du côté de Tournai

Les Wallons sont-ils des fins gourmets, en fait?
« Je le pense bien, oui! Durant mes années d’études à Tournai, j’ai pu me rendre compte à quel point le Belge pouvait être festif, mais aussi gourmet. En Wallonie, tout se passe autour d’une bonne table: c’est là que l’on se retrouve entre potes, qu’on parle de nos vies, que l’on cause boulot, que l’on négocie des contrats… Bref, tout occasion est bonne pour bien manger! Dans un premier temps je pensais que, chez vous, la table était surtout un prétexte pour se retrouver, et que le contenu des assiettes importait peu. Mais non! C’est un plaisir en soi! Qui peut même entraîner des conséquences sur le reste. Un menu gourmet bien fait peut mettre les gens dans de meilleurs dispositions pour discuter argent, par exemple… »

Quel est le produit (ou le plat) wallon qui recueille vos faveurs?
« J’aime les choses simples, bien nourrissantes. Question bière, je suis assez Chimay. Et question fromage, je penche bien entendu vers le Maroilles, qui ne se déguste pas que dans le Nord de la France, mais aussi en Wallonie. D’ailleurs, l’Auberge de Poteaupré, à Bourlers, près de Chimay, a ajouté, à sa carte, quelques plats à base de ce fromage. En souvenir de notre passage dans la région avec Benoît Poelvoorde, à l’occasion du tournage de Rien à déclarer… »

Vous mangez toujours sainement? Aucun « plaisir coupable »?
« J’ai un souvenir en forme de madeleine de Proust, qui n’est d’ailleurs pas inscrit que dans ma lointaine mémoire puisque je craque encore parfois: j’adore la fricadelle! Qui n’est pas une spécialité flamande, alors qu’on le pense souvent… à tort. On en trouve des délicieuses à de nombreux endroits en Wallonie. La célèbre “scène des Fricadelles” dans Bienvenue chez les Ch’tis vient donc de mon goût pour cette gourmandise. Quant à savoir si, outre la fricadelle, je mange sain. Disons que… j’essaye! Mais la vie, en tournage ou sur la route pour le one-man show, ne favorise pas toujours une alimentation particulièrement diététique. Parce qu’on mange à des horaires irréguliers et qu’on termine souvent la soirée au resto. Ce qui ne me fait pas toujours manger spécialement léger… »

Benjamin Schoos, artiste liégeois qui célèbre ses 20 ans de carrière solo cette année

Les Wallons sont-ils des fins gourmets, en fait?
« Je les qualifierais de “gourmets complexés”. À savoir que, comme pour le reste, le Wallon souffre d’un complexe d’infériorité. Et se laisse beaucoup trop influencer par la France, par exemple. Où chaque village met en avant une spécialité culinaire, parfois quelconque. Mais comme s’il s’agissait de la huitième merveille du monde! Face à cela, au lieu de dire que nous avons aussi de quoi faire, on a tendance à trop jouer la modestie. Et c’est bien dommage. »

Quel est le produit (ou le plat) wallon qui recueille vos faveurs?
« C’est sans doute assez cliché pour un Liégeois comme moi. Mais je vous avoue qu’un bon boulet sauce lapin, ça n’a pas de prix! Je ne parle pas de sa version vite faite mal faite dans une friterie sans âme. Mais de boulets bien cuits, avec des frites faites maison. Rien que d’en parler, j’en ai l’eau à la bouche. Ce n’est pas du chauvinisme, mais j’adore les spécialités liégeoises sucrées aussi. Comme les lacquemants, la vraie gaufre de Liège, ou la tarte au riz de Verviers. En revanche, une autre règle de base pour faire un bon repas: ne pas manger seul. Parce que la qualité des mets ressort encore mieux quand on les déguste en bonne compagnie! »

Vous mangez toujours sainement? Aucun « plaisir coupable »?
« J’ai beaucoup ironisé sur la mitraillette, cette spécialité consistant à remplir une baguette ouverte en deux de frites! J’en ai même fait le sujet de sketches lorsque je faisais mes chroniques à la RTBF en radio. Mais, oui, j’avoue: de temps en temps, j’adore ça. Ce qui nous amène au fait que, non, je ne mange donc pas toujours très sain! Je fais ce que je peux. Mais quand on bosse toute la nuit en studio, en cas de fringale, on a trop souvent tendance à se rabattre sur le kebab du coin. Par contre, quand je suis en tournée, je suis assez tatillon sur ce que l’on me sert avant ou après un concert. Et là, je demande des légumes et des fibres le plus souvent possible… »