Les chiffres et la réalité du terrain le prouvent. La Wallonie, qui avait mal à son industrie depuis quelques décennies, reprend des jolies couleurs. En attirant des entreprises étrangères, développant quelques solides pôles de compétence, et ciblant mieux les aides accordées.

« L’autonomie de la Région wallonne ne suffit pas à jeter les bases d’un redéploiement industriel. Il faut de profondes réformes structurelles qui garantissent à la Wallonie le maintien d’une capacité d’action financière dans le cadre d’une politique industrielle valorisant les ressources humaines, matérielles et technologiques de sa région. Mais il faudra encore du temps… ». Ce constat posé par Michel Quévit, Professeur d’économie politique, remonte déjà à… 1978. Mais, après quelques fausses bonnes idées et autant d’égarements, la Wallonie semble avoir retrouvé du poil de la bête.

Une économie saine…
Là, presque 40 ans plus tard, nous y sommes! En résumé: l’économie wallonne est redevenue saine. Elle est même en plein développement. Dans de nombreux secteurs, elle s’affiche à la pointe du développement technologique: dans l’industrie du médicament, en particulier les vaccins; dans l’aéronautique, avec une participation à Airbus, notamment.

 

Je confirme cette nouvelle dynamique de l’entreprise en Wallonie Michel Foucart

 

… dans tout les secteurs
Mais aussi dans les industries chimiques et pétrochimiques, technologies de l’espace, programme Ariane, satellites, nucléaire médical avec l’Institut national des radioéléments, et IBA (Ion Beam Applications), accélérateur de particules… « Je confirme de cette nouvelle dynamique. Puisque je la constate tous les jours », s’enthousiasme Michel Foucart, fondateur de Technord, structure qui rassemble toutes les compétences nécessaires à la conception, et la mise en service d’équipements industriels.

Un redressement en trois temps
« Le premier choc positif date de l’an 2000», continue Michel Foucart. « Avec le contrat d’avenir pour la Wallonie. Concrètement, la Wallonie disposait enfin d’un plan stratégique de redressement. Tout cela a jeté les bases d’une véritable révolution culturelle consistant à travailler à travers ce que l’on appelle des pôles de compétitivité. » Quelques secteurs d’activité capables de percer au niveau mondial ont donc été identifiés, et ont bénéficié de gros moyens. Cette technique a permis de mettre fin au saupoudrage financier. Qui, en voulant aider tout le monde, ne venait finalement au secours de personne. Puisque chaque secteur disposait finalement de très peu d’argent…

 

Nous sommes aussi dorénavant très reconnus dans le secteur de la radiothérapie et dans le numérique Anne Prignon

 

Priorité? Le marché
L’autre grande avancée est que, avant, les politiciens se basaient sur des enquêtes théoriques afin d’envisager leurs mesures. Michel Foucart: « Mais cette fois-ci, nous avons pris les choses à l’envers. Ou plutôt, en fait, dans le bon sens: en partant des besoins du marché! » Ensuite, troisième chose: l’obligation de nouer des alliances entre le secteur privé et des centres collectifs de recherche issus du secteur public. Cette façon de procéder a accéléré cette nouvelle dynamique, en dopant l’innovation. Enfin, il nous est aussi revenu que les priorités de chaque projet ont été objectivées, histoire de distinguer l’essentiel de l’accessoire. Ce qui n’était pas le cas, non plus, auparavant.

Sur la bonne voie
Bref, le développement économique de la Wallonie est bel et bien en marche. Les économistes doivent le comprendre et bannir des expressions comme déclin, crise, lent réveil… à propos de l’économie wallonne. C’est, en effet, le plus mauvais service qu’ils peuvent lui rendre. C’est, aussi, une certaine forme de mépris à l’égard des Wallons eux-mêmes. « Parce que nous sommes bel et bien sur la bonne voie », appuie Anne Prignon, administratrice de Sambrinvest, qui accompagne le développement des PME dans la région de Charleroi. « Nous sommes passés d’un secteur manufacturier à bout de souffle au domaine du B2C en général, et des services en particulier. Avec, à la clé, l’installation de beaucoup de start-ups, de même que l’éclosion de spin-offs, principalement dues à la présence de l’ULB à Gosselies. »

Un emploi dopé!
En outre, corollaire de cette Wallonie sur la (bonne) voie de la guérison industrielle: des entreprises étrangères reviennent s’y implanter. Et des mastodontes, dont l’arrivée a été très médiatisée, comme Google et quelques autres, ne sont pas les seuls. Loin de là… Anne Prignon reprend: « Nous sommes aussi dorénavant très reconnus dans le secteur de la radiothérapie et dans le numérique, par exemple. Avec, à la clé, des structures qui viennent s’installer chez nous. »  Avec, comme conséquence immédiate: de l’emploi et des investissements, les deux conditions indispensables pour retrouver une dynamique positive et « l’envie d’avoir envie »… comme disait l’autre!