Le développement urbain connaît de nombreux changements liés à l’évolution de la société. De nouveaux quartiers voient le jour pour faciliter la mobilité et faire face aux défis démographiques. Tout comme les Smart Cities, l’idéal à atteindre.

Partout dans le monde, c’est un fait, la population vieillit et la taille des ménages diminue. Conséquence, on estime que la région wallonne comptera plus de 300.000 ménages et 435.000 habitants supplémentaires en 2040.

Repenser l’organisation des villes
Pour y remédier, la stratégie consiste,  à créer une nouvelle ville dans la ville. On cherche ainsi à optimiser le territoire en mettant l’accent sur les schémas plutôt que sur la réglementation. Selon Marc Jortay, président de la Chambre des Urbanistes, le principal défi qui attend les cités wallonnes à l’avenir est lié à leur ancienneté. « Il est très difficile de mettre en place de nouveaux concepts comme la mobilité ou les bâtiments intelligents au sein de vieilles structures. » Il s’agit donc de repenser l’organisation des villes du sud du pays.

 

Il est difficile de mettre en place de nouveaux concepts comme la mobilité ou les bâtiments intelligents au sein de vieilles structures Marc Jortay

 

Un projet ambitieux
Face à ces défis, le Ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Carlo di Antonio, a prévu un plan de dix nouveaux quartiers à Andenne, Arlon, Bastogne, Binche, Charleroi, Leuze, Liège, Marche, Ottignies-Louvain-la-Neuve et Tubize. Un projet ambitieux qui ne consiste pas, comme on pourrait le croire, à créer de nouveaux centres urbains.

Bâtiments regroupés
La mobilité est ainsi devenue essentielle lorsqu’on parle d’aménagement du territoire. « Ces nouveaux quartiers sont conçus pour éviter un maximum de déplacements », explique Marc Jortay. Il s’agit, par exemple, de favoriser les espaces de co-working et le co-déplacement, grâce à des bâtiments regroupés selon leur fonction.

Un mélange complexe
Toujours dans l’idée d’un développement urbain adapté à notre époque, les projets de Smart Cities se multiplient en Wallonie. Natalie Crutzen dirige le Smart City Institute, un centre académique qui tient compte de l’aspect management dans la conception des villes intelligentes. Pour elle, les Smart Cities représentent un idéal vers lequel doivent tendre les villes wallonnes. « Une vraie Smart City se basera sur un mélange complexe de nouvelles technologies, de facteurs sociaux, humains, économiques, environnementaux et institutionnels », explique-t-elle. « L’humain, via le mieux vivre ensemble, la gouvernance, la créativité, fait donc partie intégrante de la dynamique. »

 

Une approche « multi-acteurs » est réellement essentielle pour aborder les enjeux complexes des Smart Cities Nathalie Crutzen

 

Baromètre belge
Lors du salon des mandataires le 16 février dernier, son équipe a présenté un premier baromètre des communes belges. Pour Nathalie Crutzen, « le concept a évolué en associant une réflexion sur la gouvernance et la créativité, tout en mettant au centre l’humain et l’amélioration de la qualité de vie sur le territoire. » Selon l’enquête menée par le Smart City Institute, ce sont les autorités publiques qui embrayent majoritairement sur les projets Smart City. Quatre domaines principaux sont visés: Smart Environnement (éclairage intelligent, diminution de la pollution), Smart Gouvernance (administration 2.0, décision participative), Smart Living (logement, santé, culture) et Smart Mobility (système de transport durable, multimodal et interconnecté).

Une approche multi-acteurs
Aujourd’hui, la société évolue très vite. Pour Marc Jortay, « Le développement de l’aménagement du territoire ne permet pas, à l’heure actuelle, de suivre ces changements. Nous, les urbanistes, travaillons sur du 10-20 ans, alors que les décideurs politiques sont limités à leur mandat de 5-10 ans », conclut-il. Pour Nathalie Crutzen le fait que les communes semblent s’impliquer davantage dans ce type de projets, est plutôt positif. Pour elle, une approche « multi-acteurs » est réellement essentielle pour aborder les enjeux complexes des Smart Cities. En clair, il faut donc stimuler la participation citoyenne et entrepreneuriale pour arriver à la ville du futur.