Depuis The Voice Belgique, Loïc Nottet n’arrête pas une seconde. Malgré son succès à l’étranger et sa participation à l’Eurovision, le Courcellois est resté attaché à son pays et compte sur ses racines pour garder les pieds sur terre.

Entre la sortie de son premier album The Reign of Selfocracy le 31 mars et la préparation de ses concerts à Forest National et à l’AB, Loïc Nottet a pris le temps de nous faire part de ses souvenirs en Wallonie et de son avenir dans la chanson.

Quels sont les plus beaux coins de Wallonie, pour vous?
« Je trouve qu’en Wallonie on a un beau patrimoine. La première chose qui me vient à l’esprit, c’est la citadelle de Namur. Je me souviens que quand j’étais petit, j’y allais souvent avec ma famille, parce qu’il y a souvent des marchés médiévaux. C’est quelque chose que j’adorais faire. On allait se promener dans la citadelle et voir les expos, à l’intérieur. »

 

Je suis quelqu’un de très film, j’adore les histoires

 

Vous habitez toujours en Belgique. Vous n’avez pas envie de vous installer dans un autre pays?
« Là, je suis bien chez papa et maman. Même si j’ai de plus en plus envie d’avoir mon “chez moiˮ, parce que nous n’avons plus les mêmes vies. Mes parents ont un quotidien très métro-boulot-dodo et moi c’est tout ce que je déteste, donc j’essaie d’être au maximum à l’encontre de ça. On se croise dans l’escalier, la nuit, quand moi je monte dormir et qu’eux partent travailler. Donc j’aimerais partir de chez moi, mais sinon j’aime bien la Belgique. Je trouve qu’on est bien, on est simple, on ne se prend pas le chou. J’aime mieux les ambiances comme ça que les ambiances un peu “prout-prout”. »

Vivre à Paris ne vous fait pas rêver?
« Ce sera plus pour le boulot. Mais à Paris j’adore certains quartiers comme Montmartre. Il y a une âme qu’il n’y a pas forcément ailleurs. Mais pour le moment je ne me vois pas partir. À part peut-être pour un pays très froid comme le Canada parce que je n’aime pas du tout la chaleur. »

Les artistes belges ont beaucoup de succès en France. Qu’est-ce qui explique cela, selon vous?
« Je pense que dans notre pays on a la chance d’avoir deux cultures vraiment différentes, grâce au flamand, on a une touche anglo-saxonne que les Français n’ont pas. C’est peut-être ça qui fait que dans les sonorités, les mélodies, les styles artistiques, on se démarque plus des Français qui sont très… français. Ils ont leur style de musique à eux et ne vont pas forcément chercher ailleurs, dans d’autres pays. Tandis qu’une artiste comme Alice on the Roof, moi je ressens beaucoup ses influences nordiques. Personnellement, depuis que je suis petit, j’écoute essentiellement de la musique anglophone, donc je me suis beaucoup inspiré du côté américain. »

QW-0417-006

J’aime bien la Belgique. Je trouve qu’on est bien, on est simple, on ne se prend pas le chou

 

On incite peut-être aussi les Wallons à développer leur créativité?
« Je pense qu’on n’est pas vraiment formaté. C’est plus l’art qui est mis en valeur que le côté marketing. Ce n’est pas toujours très facile. Sur l’album, j’avais des idées parfois complètement arty que j’ai dû mettre de côté. Pour l’instant, parce qu’il y a un côté “marketing” qu’on ne peut pas négliger, surtout quand on commence. Donc il y a quand même des codes, des règles qu’on est obligé de suivre mais, après, c’est clair que personnellement je ne me disais pas “je dois faire telle mélodie pour que ça passe en radio”. »

Vous venez d’être désigné pour la deuxième fois « Artiste masculin solo de l’année » par les D6Bels Music Awards. Est-ce différent de recevoir un prix dans son propre pays plutôt qu’àl’étranger?
« Ce n’est pas la même fierté. En fait, c’est un métier tellement difficile que c’est important de savoir d’où on vient et de se sentir “aimé”. Quand on reçoit un prix dans son propre pays ça fait du bien parce qu’on sait que c’est la base et qu’elle n’a pas bougé. Les fondations ne se sont pas écroulées et on peut continuer à construire le building. Après, quand on reçoit un prix dans un autre pays ce n’est pas la même dimension. En Belgique, les gens ont envie de suivre un artiste rien que parce qu’il est belge, parce qu’ils sont fiers qu’un artiste soit belge. Alors que les Français n’ont “aucun intérêt” à me suivre. Pour Danse avec les stars, on se dit “j’ai réussi à les convaincre”. »

Votre album est un concept-album. En quoi cela consiste-t-il?
« Je suis quelqu’un de très film, j’adore les histoires. Dès le départ, j’ai composé l’album comme si j’écrivais un film ou un livre. Je faisais tout en même temps, je composais et en même temps je réfléchissais à la scénographie du concert. J’ai vraiment essayé de construire des liens, même si tout n’est pas lisible du premier coup, parce que j’aime les deuxièmes lectures. Un concept-album, c’est plus qu’une série de chansons à la suite des autres. »

 

Je pense que dans notre pays on a la chance d’avoir deux cultures vraiment différentes, grâce au flamand

 

La scène semble très importante pour vous.
« Oui, c’est pour ça que j’ai choisi ce métier, aussi. Ça me permet de faire tout: on peut être photographe, scénariste, danseur, comédien, chanteur. La partie que j’aime le moins ce sont les shooting photos. En général, le photographe éprouve des difficultés parce que je mets du temps à m’ouvrir et je ne suis pas très à l’aise. Mais tout le reste de la création j’aime vraiment. La réalisation est plus longue et plus fatigante, par contre. »

Quelle place prend la danse dans votre vie et vos projets?
« J’ai quand même envie de revenir à ça. Si on me demandait “est-ce que tu préfères qu’on te coupe les jambes ou qu’on te coupe la gorge?”, je crois que je ne pourrais même pas choisir. Ce sont deux arts qui me procurent des choses totalement différentes. C’est un peu bateau de dire ça, mais je ne pourrais pas vivre une seule journée sans chanter, par exemple. Et quand un son me plaît, je ne peux pas m’empêcher de danser tout seul dans ma chambre. C’est clair que la danse fera partie de mon avenir, mais je ne sais pas pour combien de temps, parce qu’il faudra à un moment que j’apporte autre chose. »

Une carrière aux Etats-Unis fait partie de vos plans pour le futur?
« Oui, j’aimerais vraiment. Car la plus belle reconnaissance que je pourrais avoir c’est que les Américains aiment ce que je fais. Ce serait une reconnaissance de la part de mes mentors, ça me ferait vraiment chaud au cœur. Après je suis déjà content avec ce que j’ai. Je me rends compte que j’ai seulement 20 ans, que je sors un album et que Forest National est déjà complet. Je sais que ça n’arrive pas souvent et que j’ai de la chance. »

Si Loïc Nottet n’avait pas été chanteur, il serait devenu…
« Si vous m’aviez posé la question il y a deux ans je vous aurais dit “je n’en sais rien” parce que c’est vraiment ça que je veux faire. C’est toujours le cas, mais en grandissant on se dit que si tout s’écroule il faut toujours pouvoir rebondir sur quelque chose et c’est vrai que je suis fort intéressé par la psychologie humaine. J’aimerais beaucoup travailler dans un asile avec des personnes malades pour les comprendre. »