De la conception à la déconstruction d’un bâtiment, l’éco-construction concerne toutes les phases de la réalisation/rénovation d’un bâtiment. Les nouveautés sont légion dans un secteur qui stimule l’emploi local.

« L’éco-construction consiste à construire ou rénover en respectant l’environnement, la santé des occupants et des travailleurs tout en offrant un maximum de confort aux occupants. » Voilà la définition communément établie.

La position
L’éco-construction est applicable à toutes les étapes de la vie d’un bâtiment, de la conception à la déconstruction. En amont du projet, on va par exemple choisir le lieu d’implantation en tenant compte des aspects bioclimatiques ou urbanistiques. « Il faut réfléchir à la position du bâtiment, orienter les pièces de vie vers le sud, le nord étant destiné aux pièces où on va dormir », explique Hervé-Jacques Poskin, directeur de Cluster Eco-construction.

Matériaux créant de l’emploi
Pendant les travaux, on prendra soin d’utiliser des éco-matériaux, c’est-à-dire des matériaux qui sont non seulement naturels, mais qui ont été transformés localement. L’avantage, c’est que cela crée de l’emploi au niveau national. « On est le seul secteur qui a de nouvelles unités de production en Belgique. Partout ailleurs, on est en train de délocaliser », assure Hervé-Jacques Poskin.

 

Le profil de l’ouvrier se complexifie” – Caroline Morizur

 

L’argile & la paille
Parmi les dernières innovations, des recherches sont en cours pour associer l’argile et la paille comme matériaux de construction. L’argile permet de réguler le taux d’humidité d’air d’une pièce et les panneaux de paille compressée sont beaucoup plus solides que les plaques de plâtre. Ce sont des matériaux simples du point de vue de la construction, ils procurent une qualité de vie et une ambiance tout à fait différente. Il y a un proverbe asiatique qui dit: « Si ton médecin ne peut rien pour toi, habite une maison en bois. »

Bâtiment comme ressource
En fin de vie du bâtiment, il est possible de gérer au mieux les déchets dans le but de les réutiliser. La destruction d’un bâtiment génère beaucoup de déchets dans la ville qui doivent ensuite être acheminés à l’extérieur de la ville. Les matières premières comme le métal sont traditionnellement envoyées par bateau pour être revendues en Chine afin d’y être refondues. « On les envoie encore maintenant en Chine parce que c’est moins cher alors qu’on a les infrastructures ici pour le faire. On pourrait par exemple refaire fondre des métaux à Liège », indique Caroline Morizur, porteuse de projets à l’EFP, un centre qui propose une formation en construction durable.

Un château pour un, s’il vous plaît
Certains paramètres sont à prendre en compte avant de se lancer dans l’éco-construction, par exemple: quels sont les besoins réels de chauffage? Où se situe le bâtiment? Combien de personnes vont y habiter? Hervé-Jacques Poskin met en garde: « Certaines personnes mettent des chaudières de paquebot dans une habitation deux-pièces. Ça ne sert à rien non plus d’avoir un 54 pièces alors qu’on est seul. Si un bâtiment écologique se trouve en plein milieu de la campagne où il faut faire 50 km pour aller chercher son pain, il perd de son intérêt. »

 

Certaines personnes mettent des chaudières de paquebot dans une habitation deux-pièces”– Hervé-Jacques Poskin

 

Plus l’ouvrier manœuvre
« Pour appliquer correctement les principes de l’éco-construction, il faut faire appel à un personnel formé, et donc former davantage les travailleurs  », assure Hervé-Jacques Poskin. Caroline Morizur confirme: « Le profil de l’ouvrier se complexifie, ce n’est plus simplement l’ouvrier manœuvre, on va lui demander d’être plus technique et de faire attention aux matériaux utilisés. »

Nouveaux métiers
En parallèle, de nouveaux métiers font d’ailleurs leur apparition, notamment celui de « valoriste ». Son rôle est de visiter le bâtiment avant le démolisseur afin de déconstruire et valoriser les matériaux qui peuvent encore l’être. Caroline Morizur explique: « Avant l’apparition de ce métier, on avait tendance à tout démolir pour reconstruire du neuf, maintenant il y a plus de phases d’étude pour connaître le potentiel de réutilisation d’un bâtiment. » Le secteur est donc prometteur et on assistera peut-être très bientôt encore à l’émergence de nouveaux emplois.