L’ éco-conception est une approche qui prend en compte les impacts environnementaux dans la conception et le développement du produit tout au long de son cycle de vie. Comment est-ce que les entreprises s’adaptent?

  • Ulrich Huygevelde, directeur de Expozao

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans une démarche d’ éco-conception?
« 
En tant que citoyen engagé au niveau environnemental, je me suis dit qu’on allait appliquer le principe de l’ éco-conception quand on organise des expositions. C’est bien beau de faire des discours, mais agir, c’est encore mieux. Chacun doit faire un pas pour aller vers un monde plus vert en réduisant son empreinte écologique. »

À travers votre expérience dans l’organisation, comment le domaine a-t-il évolué?
« Avant de nous lancer, nous avons consulté une cellule spécialisée sur la question d’éco-conception. Elle a réalisé une analyse de l’impact de nos activités. Nous avons ainsi pu établir une liste de tous les petits changements, qui paraissaient au départ anodins, dans le but de réduire notre impact environnemental. On ne s’en rend pas compte au début, mais l’éco-conception touche vraiment à toutes les étapes du processus. »

Quel est l’exemple d’action que vous avez lancée et qui a bien fonctionné?
« 
On est plus attentif à de nombreuses petites choses quand on organise une exposition. On essaie par exemple de calculer le nombre exact d’affiches, pour ne pas se retrouver avec des documents inutiles. Pour l’impression, on essaie de prendre à chaque fois le support le moins nocif pour l’environnement. Au départ, on était perdu parmi les séries de labels en matière d’impression, une formation nous a permis d’avoir une idée plus claire sur la question. »

2) Perrine Colin, conseillère en éco-conception, UCM

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans une démarche d’ éco-conception?
« 
Depuis 5 ans, l’UCM accompagne les entreprises qui souhaitent se lancer dans l’éco-conception. L’ éco-conception était nécessaire car on voulait être en amont et en aval pour proposer des outils afin de mettre en place des stratégies de développement durable. Bien souvent, les entreprises envisagent cette démarche à la suite d’une réglementation, mais il vaut mieux prévenir que guérir. »

À travers votre expérience dans l’organisation, comment le domaine a-t-il évolué?
« Ça a fortement évolué. La Région bruxelloise a mis en place le plan régional en économie circulaire. Avant, on devait démarcher les entreprises, maintenant on croule sous la demande. Il y a une demande de plus en plus grande pour mettre des choses en place. Aujourd’hui, on parle de transition de modèle économique. L’éco-conception s’intègre dorénavant dans l’économie circulaire. On voit que les entreprises veulent changer de stratégies. »

Quel est l’exemple d’action que vous avez lancée et qui a bien fonctionné?
« 
Nous avons par exemple accompagné Mozart, la boîte de Stromae, qui vient d’intégrer l’éco-conception. La collection est faite en Europe avec des matériaux durables. Ça paraît assez simple, mais si vous avez une étiquette en polyester sur un T-shirt en coton pour indiquer les conditions de lavage, le T-shirt sera difficilement recyclable. Dans ce cas-ci, ils ont décidé d’imprimer ces informations directement sur le T-shirt pour éviter ce genre de problème en phase de recyclage. »

3) Christelle Bar, coach en innovation technologique, Innovatech

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans une démarche d’ éco-conception?
« 
Nous organisons des sessions de sensibilisation, des formations dans le domaine de l’ éco-conception pour les entreprises. Ces dernières se lancent généralement dans ce domaine pour trois raisons. Économique afin de réduire la quantité de matériaux utilisés. Réglementaire quand les entreprises doivent s’adapter à la nouvelle réglementation. Environnementale: de plus en plus de donneurs d’ordre sont plus attentifs au fait que le produit ne soit pas polluant. »

À travers votre expérience dans l’organisation, comment le domaine a-t-il évolué?
« 
De plus de plus d’acteurs s’intéressent à l’économie circulaire et à l’éco-conception. Ça bouge et ça se voit. Il y a des lignes directrices qui sont données et il est possible de recevoir des financements. Parfois, les mesures mises en place par les entreprises restent cependant encore trop timides. Elles optent de temps en temps pour une démarche d’éco-conception seulement par intérêt économique, ce qui est dommage. »

Quel est l’exemple d’action que vous avez lancée et qui a bien fonctionné?
« 
Nous sommes allés faire une analyse du cycle de vie dans trois entreprises pour évaluer l’impact environnemental de toutes les étapes du cycle de vie du produit. Dans certains cas, on a constaté que l’impact environnemental du nouveau produit était vraiment moindre que l’ancien modèle. Dans d’autres, les analyses ont été réalisées alors que le nouveau produit était déjà terminé. »