Une retraite ça se prépare. Surtout financièrement. En faisant fructifier son patrimoine ou en s’en constituant un. Mais comment? Épargnes long terme, portefeuille d’actifs, immobilier… Les pistes ne manquent pas.

Une retraite ça se prépare. Surtout financièrement. La priorité pour un 50+ est de faire l’inventaire de son patrimoine actuel, de réunir toutes les pièces de son puzzle financier pour définir sa capacité financière présente et future à s’assurer une retraite heureuse.

Identifier le gap entre aujourd’hui et demain
« Cette analyse passe par des réponses aux questions: de combien je dispose aujourd’hui?  De combien aurai-je besoin pour, une fois à la retraite, au moins maintenir mon niveau de vie », jugent en chœur Bernard Bemelmans, conseiller en investissements de Belfius, et Nicolas Cellières, planificateur financier de la société de conseil Optivy. Car, c’est connu, la pension légale – 1er pilier, n’est jamais fameuse. « Cette approche globale permet d’identifier le gap entre aujourd’hui et demain, et les efforts à encore fournir d’ici à ses 65-67 ans pour le combler », décrit encore B. Bemelmans.

 

Pourquoi ne pas investir dans un appartement, à louer puis à revendre ou occuper soi-même à la pension

— Nicolas Cellières

 

Un patrimoine, nous en avons un
Car efforts, il y aura. Ils seront variables en fonction de chaque quinqua, de ses besoins et de son patrimoine, déjà constitué ou à constituer. Et un patrimoine, nous en avons tous un! Il englobe autant notre argent liquide sur un compte d’épargne, nos assurances-vie, nos assurances-groupes – via votre employeur –, que des œuvres d’art, un portefeuille d’investissement ou un patrimoine immobilier. Autant d’outils, jouissant d’avantages fiscaux, à habilement huiler et actionner d’ici la pension – voire au-delà – en fonction d’objectifs précis et personnalisés. Petit tour de quelques leviers conseillés :

  • Les épargnes
    Si les comptes d’épargne classiques ne rapportent plus rien, d’autres formules ciblées gardent tout leur intérêt. Comme l’épargne-pension, fiscalement intéressante, à démarrer le plus tôt possible avant sa retraite. B. Bemelmans: « Mais aussi surtout comme l’épargne à long terme sous la forme de fonds d’assurances-vie de Branche 23, avec de belles déductions fiscales et que l’on peut poursuivre au-delà de ses 65-67 ans. »
  • L’immobilier
    « Investir dans la brique reste un must pour le Belge », note l’expert de Belfius. Mais pour un 50+, la situation est différente s’il est déjà propriétaire ou s’il veut investir pour une première fois dans l’immobilier. À cet âge, c’est bien de s’interroger sur quel toit on envisage plus tard au-dessus de sa tête. « Si j’ai 50 ans et que je dois encore me constituer un capital de 250.000 euros d’ici à ma retraite, pourquoi ne pas opter pour un investissement dans un bien de rapport, genre appartement », relève Nicolas Cellières de Optivy. « À 65 ans, il sera entièrement financé, j’en aurai retiré des revenus locatifs. Je pourrai le revendre ou même l’occuper moi-même. »
  • Les risques d’immo
    En effet, l’âge avançant, l’idéal est souvent un logement plus petit, bien situé, avec de belles commodités. Si on est déjà proprio, le raisonnement reste valable. Cependant, deux menaces planent sur l’immo: le risque de « bulle immobilière » et, ajoute B. Bemelmans, « l’appétit fiscal de l’État qui pourrait décider de taxer les revenus locatifs. »
  • Portefeuilles d’actifs.
    À part les formules avantageuses d’épargne, faire des placements bien diversifiés en actions, sicav, via fonds d’investissements et fonds d’assurances-vie peut dynamiser et faire fructifier votre épargne. « Pour investir dans des fonds ou ailleurs, n’attendez pas de disposer de gros montants », conseille B. Bemelmans. « Même 25 euros placés de manière récurrente, c’est indolore et ça fructifie sans attendre. » Il y a aussi des placements plus originaux à ne pas négliger comme le crowdfunding et le taxshelter en soutien aux petites entreprises qui offre une belle déductibilité d’impôts.

Investir est en tout cas un choix personnel. Que ce soit en actifs ou en immobilier, le 50+ doit penser avantages fiscaux, succession, long terme avec comme objectif la dynamique globale de son patrimoine. « Même 10.000 euros, sous n’importe quelle forme, c’en est déjà un » conclut Nicolas Cellières.