Les solutions existent pour faire passer les bouffées de chaleur, limiter ou même éviter la prise de poids ainsi que le vague à l’âme.

La ménopause ne signe pas uniquement la fin des règles et de la fécondité. Coïncidant avec l’entrée dans la cinquantaine pour la majorité des femmes, elle représente souvent un changement capital sur de nombreux plans. Pendant la quarantaine, la périménopause s’accompagne souvent de bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, sautes d’humeur, fatigue, baisse de la libido ou même dépression. Mais pour celles sous contraception hormonale, ces désagréments ont pu être masqués pendant des années et surgir tous ensemble subitement.

Le pire ennemi de la femme
Si l’on ajoute à cela la difficulté à contrôler son poids et à regarder d’un bon œil le petit ventre s’installer lentement alors même qu’on n’a pas changé d’alimentation, à cause du ralentissement du métabolisme, on comprend qu’elle soit considérée comme le pire ennemi de la femme qui subit peut-être d’autres changements dans sa vie comme le fait de devenir grand-mère… À cette époque de la vie, mieux vaut bien s’entourer pour passer le cap le plus harmonieusement possible. Un passage régulier chez le médecin s’impose.

 

Les symptômes de la ménopause encouragent à ne pas faire de sport et à rechercher dans l’alimentation une consolation David Elia

 

Lutter contre les symptômes
D’abord pour faire un bilan alimentaire dès les premiers kilos pris. « Il faut savoir aussi que la ménopause joue sur un épiphénomène car les symptômes de la ménopause (bouffées de chaleur, insomnie, baisse de moral, fatigue…) encouragent à ne pas faire de sport et à rechercher dans l’alimentation une consolation », énumère le Dr David Elia, gynécologue qui a signé l’ouvrage 50 ans au naturel. Pour contrer cette évolution, il faut être relativement volontariste. « Accepter d’abord le fait qu’il ne s’agit pas d’une anomalie, le corps a besoin de moins de calories qu’avant et il va falloir en rentrer moins, c’est-à-dire manger différemment, intelligemment, et faire du sport. »

Le traitement hormonal substitutif
Le médecin pourra aussi orienter vers la solution la plus appropriée pour lutter contre les symptômes quotidiens comme les bouffées de chaleur. Qu’il s’agisse d’homéopathie, de phytothérapie, de compléments alimentaires… Si aucun de ces traitements ne fait effet et que les sueurs nocturnes provoquent une fatigue générale avec un retentissement moral, il prescrira souvent un traitement hormonal substitutif (THS).

Une approche individualisée
« Il est important de dédramatiser les THS qui ont été largement décriés dernièrement. Il a été démontré que, sur une durée de 6 ans, ce type de traitement pouvait être pris en toute sécurité. À condition bien sûr qu’il soit adapté à la patiente », rassure le Dr Axelle Pintiaux, gynécologue à la clinique de la ménopause à Liège. Une approche individualisée est donc indispensable. Il faut choisir les hormones les plus appropriées, leur dose et la durée de la prise. Les facteurs à risque pour le cancer du sein doivent également être analysés, tels que la densité mammaire de la patiente, ses antécédents familiaux, etc. »

 

La baisse de production d’hormones féminines engendre une réactivité sexuelle plus lente Alexandra Hubin

 

Risque d’infarctus et d’ostéoporose
Le médecin pourra aussi faire un suivi régulier puisqu’on sait que la ménopause augmente le risque d’infarctus et d’ostéoporose. La patiente pourra aussi lui confier ses états d’âme. Car le déficit en œstrogènes peut induire une baisse de la sérotonine, l’hormone du bien-être. Si l’on dort mal, que les enfants s’en vont et qu’on a peur de vieillir, il n’est pas étonnant de se sentir déprimée. L’important est que la périménopause soit diagnostiquée, histoire de ne pas remettre en question son couple, son travail et sa santé mentale en ne connaissant pas la raison de ces sautes d’humeur qui surviennent.

Pas un frein à des rélations intimes
De même pour la vie sexuelle. La ménopause n’est absolument pas un frein à des relations intimes satisfaisantes voire extatiques, mais elle peut changer la donne. « La baisse de production d’hormones féminines engendre, c’est vrai, une réactivité sexuelle plus lente, les femmes vont lubrifier moins rapidement et moins abondamment. À l’inverse, certaines femmes décrivent aussi un plus grand épanouissement sexuel car elles ont une meilleure connaissance du conjoint et d’elle-même », relativise la sexologue Alexandra Hubin. « La solution tient parfois dans un tube de lubrifiant. »