En collaboration avec

Gérald Watelet, couturier, cuisinier, ensemblier et animateur de télévision

Il n’y a pas si longtemps, un petit 40 ans, l’adolescent que j’étais se disait qu’avoir 40 ans c’était bof, et 50 carrément moche.

À l’approche des 40, l’euphorie d’un certain pouvoir, la frénésie d’une énergie sans cesse renouvelée m’envahissait. Une occasion à ne pas manquer pour faire la fête le jour « J ». Une réunion de famille et d’amis voulue de tout cœur, qui resterait dans les mémoires. Le monde était à moi. Encore… 10 ans pour arriver à 50, ou seulement 10 ans?

Peur de quoi?
Dix anniversaires plus loin, rien n’était organisé! Pas de fête, l’euphorie des 10 années passées avait fait place à la tristesse, à l’angoisse, à la nostalgie, et à une certaine peur. Mais peur de quoi donc? Tout simplement de se retrouver sur l’autre versant de la montagne, celui qu’il faut descendre. La deuxième partie de la vie…

 

Continuer à profiter, d’une autre manière
Passé ce cap fatidique, il fallait réagir. Surtout ne pas s’apitoyer sur son sort, on a juste la grande chance d’être vivant et de continuer à construire, à profiter. Mais d’une autre manière peut-être. L’amour, le travail, les amis, la famille, les loisirs, les voyages, et le temps prennent un autre sens, une autre valeur. Les valeurs reprennent leurs droits, et le temps se répartit autrement. La qualité prime sur la quantité.

 

Logique implacable, puisqu’il en reste moins qu’avant, qui rend le temps plus précieux à chaque année qui passe

 

 

L’amour est la sécurité
Pour l’amour, notre histoire date de 18 ans, mais elle a été concrétisée de manière formelle et bienveillante avec le besoin d’assurer la sécurité de l’un et l’autre, ensemble ou séparés par la vie. Bonheur!

 

Sortir d’une routine de travail
Pour le travail, remise en question, choix, donc décision. Là aussi de grandes réflexions ont été nécessaires pour sortir d’une routine. Et retenir uniquement ce que je voulais faire. Quel luxe, c’est un choix, et on a toujours le choix. Ne pas choisir est un choix.  Ainsi on détermine ce que l’on va faire pendant les 20 années qui restent à exercer son ou ses métier(s). Bonheur!

 

Les amis vs. les connaissances
Pour les amis… Aaah les amis! J’avais tendance à confondre « connaissance » et ami, plus facile. Maintenant c’est clair, certains sont de bonnes connaissances que je prends beaucoup de plaisir à voir. En fait les amis sont quasiment les mêmes depuis toujours, même si nous nous voyons peu. Et puis il y a tout le reste. Bonheur!

 

La famille & les voyages
Pour la famille, on ne la choisit pas. J’ai eu de la chance, nous nous aimons fort, nous crions, pleurons, rions, chantons fort… certains partent, d’autres arrivent, mais rien ne change. Bonheur! Pour les loisirs et les voyages. Le moins possible d’invitations « obligatoires », que du plaisir pour chaque instant passé à découvrir d’autres endroits, d’autres gens et d’autres cultures. Plus on en connaît, plus on devient exigeant et indulgent à la fois. Bonheur!

 

Le précieux temps
Pour le temps, tout ce que j’écris n’est pas envisageable sans en prendre, en faire ou en voler pour soi. Logique implacable puisqu’il en reste moins qu’avant. Sa rareté le rend plus précieux à chaque année qui passe. Ce temps qui nous voit vieillir et continuer à profiter de cet immense cadeau qu’est la vie. Parfois empoisonnée certes, mais il existe toutes sortes de remèdes à qui veut bien les prendre à 10, 20, 30, 40, 50, 60, 80, 90 ans et plus!!! Bonheur!