IT_0809-013En collaboration avec

Brigitte Doucet, journaliste/éditrice de Régional-IT, média on-line dédié à l’actualité IT et numérique en Belgique francophone. regional-it.be.

En juin, le Plan du Numérique wallon subissait un coup d’arrêt pour cause de crise gouvernementale. Simple report pour mieux « sauter » et progresser? Tous les convoyeurs et utilisateurs du numérique n’en attendent pas moins du nouveau gouvernement.

Fin 2015, la Wallonie se dotait d’un Plan numérique, désormais placé sous la bannière Digital Wallonia. Inspiré du travail de représentants des forces vives de la Région (via le Conseil du numérique), de l’AdN et quelques apports du grand public, il vise à faire de la région un « territoire connecté et intelligent », à procurer les outils et le contexte indispensables à la mutation numérique tous azimuts: entreprises, administration, industrie, enseignement, compétences, infrastructures, territoires. Autrement dit, à construire une dynamique tant numérique qu’économique ou sociale.

Croissance de start-up prometteuses
Pour des raisons budgétaires mais aussi de nécessaire audit de l’existant de la préparation des chantiers, le déploiement du Plan fut échelonné dans le temps. Premier à sortir des starting-blocks, le fonds d’investissement W.IN.G (Wallonia Innovation & Growth) qui, encore aujourd’hui, demeure la concrétisation la plus manifeste. Son rôle? Procurer à des start-up orientées IT/numérique des fonds d’amorçage en attendant de plus grosses levées. Quelques mois plus tard, le Digital Wallonia Hub se mettait en piste. Le but: doper la croissance de start-up prometteuses en favorisant une meilleure collaboration avec la recherche et l’industrie.

 

L’un des buts du Plan est de remédier au sous-équipement du territoire en haut débit

 

De gros enjeux
L’un des buts du Plan est de remédier au sous-équipement du territoire en (très) haut débit. Après le très long épisode de la « taxe pylône », enfin réglé, sauf nouvelle surprise, il s’agira de passer à l’acte, de densifier réseaux et débits. L’ancien gouvernement avait notamment donné la priorité aux écoles et aux ZAE (zonings). Pour ces derniers, le dossier devait être activé à la rentrée. Tout comme celui des Smart Cities, en misant sur la mutualisation et la réutilisation des solutions pour éviter de disperser les efforts.

La situation d’aujourd’hui
Où en est-on aujourd’hui? Voilà bien une question piège, après la décision du cdH de se chercher un nouveau partenaire. Le Plan avait mis du temps à se mettre en branle. Aurait-il pu avancer plus vite, en choisissant une méthode davantage top down? Certes, mais impliquer les acteurs de terrain avait clairement ses mérites. Quelles seront les conséquences de l’arrêt inopiné, les dossiers touchés par des ajustements de priorités et/ou de moyens?

Le futur du numérique garanti
L’avenir le dira, mais certains signes semblent augurer d’une continuité. Peu ou prou. C’est notamment ce qu’a déjà recommandé Pierre Rion, président du Conseil du numérique, au nouveau ministre, Pierre-Yves Jeholet. C’est aussi une promesse de la nouvelle Déclaration de Politique régionale: « La démarche du Plan Marshall sera amplifiée dans certains secteurs-clés, tel que le numérique. »

Conclusions pour plus tard
On jugera sur pièce. Les conclusions, d’ailleurs, ne pourront être tirées dès la fin de la législature. À la fois parce que certains effets ne se feront sentir qu’à plus long terme et parce que le Plan a été concocté de sorte à dépasser l’agenda politique. Rétrospectivement, ce n’est pas une mauvaise chose!