Le transport est l’une des causes importantes qui contribuent au réchauffement de la planète. Alors que les embouteillages ne cessent de s’allonger, il existe de nombreuses alternatives qui permettent de réduire l’impact écologique des déplacements.

Embouteillages
En Belgique, les embouteillages paralysent de plus en plus les routes. Un automobiliste perd en moyenne 44 heures par an dans les files à Bruxelles, la cinquième ville la plus embouteillée d’Europe. Et le secteur du transport a un impact significatif sur le réchauffement de la planète quand on sait qu’il représente environ un quart des émissions mondiales de carbone de source énergétique.

Déplacement moins polluant
« Le déplacement le moins polluant est celui qu’on ne fait pas, ou qu’on fait à pied ou à vélo », assure Didier Castagne, responsable de la cellule mobilité du cabinet du ministre wallon de l’Environnement. Pourtant, seulement 1,5 % des personnes effectuent leur trajet domicile-travail à vélo et 3,1 % à pied en Wallonie, selon le diagnostic des déplacements domicile-lieu de travail du SPF Mobilité & transport de 2014. À Bruxelles, ces chiffres s’élèvent respectivement à 3 % et 3,4 %.

Impact écologique
Aurélie Willems, secrétaire générale du GRACQ, l’association qui représente les cyclistes en Belgique francophone, constate : « Certaines personnes continuent à prendre la voiture pour des trajets inférieurs à 5 km, en ville ou pour aller à la gare, par exemple. Si on incite ces personnes à prendre le vélo, cela réduira leur impact écologique. » Pour les plus longues distances, les vélos à assistance électrique ou les « pedelec », des vélos pouvant atteindre 30-35 km/h, pourraient inciter les gens à monter en selle.

Lieux de vie
À titre de comparaison, en Flandre, 9,5 % des trajets domicile-travail sont effectués à vélo. Hormis un paysage plus plat, les infrastructures y sont aussi plus adaptées pour les cyclistes : on remarquera par exemple les autoroutes pour vélo qui relient les grandes villes, comme entre Anvers et Malines. En Wallonie, on développe les réseaux RAVeL, mais il s’agit surtout d’un réseau adapté pour les loisirs et comme l’indique Aurélie Willems : « ils ne relient pas suffisamment les lieux de vie aux pôles d’emploi. »

 

“Le déplacement le moins pollutant est celui qu’on ne fait pas”

 

Covoiturage
En ce qui concerne la voiture, 65,6 % des Belges l’utilisent pour se rendre à leur travail et seulement 2,9 % pratiquent le covoiturage. Des statistiques frappantes quand on entend Didier Castagne déclarer : « Aujourd’hui, une voiture est immobile pendant
96 % de sa durée de vie! »

Voitures partagées
Les travailleurs ne doivent pas nécessairement prendre leur propre voiture pour se rendre à leur lieu de travail. Les voitures partagées peuvent s’avérer également bénéfiques pour des trajets moins fréquents. Il est bien loin le temps où il n’y avait qu’un seul acteur dans le secteur des voitures partagées. Le client choisit à présent en fonction de ses besoins.

Transports en commun
L’utilisation des transports en commun varie, quant à elle, fortement en fonction de la région : ceux qui travaillent à Bruxelles empruntent respectivement le train à 34,1 % et le métro/tram/bus à 19 % alors que les statistiques atteignent 5 % et 4 % pour les personnes qui travaillent en Wallonie.

Complémentarité velo-train
Afin d’encourager l’usage des transports publics, Didier Castagne conseille les pratiques multimodales : « Trop souvent, nous sommes enfermés dans un modèle où nous n’utilisons qu’un seul mode, le plus souvent la voiture. » Aurélie Willems partage cet avis : « Pour une région aussi large que la Wallonie, il faut développer à la fois les vélos et les transports en commun. L’idéal, c’est de viser la complémentarité vélo-train. »

Avantages
Le gouvernement fédéral est en train de plancher sur un budget mobilité pour les entreprises qui devrait promouvoir l’utilisation des transports alternatifs. « À l’heure actuelle, on reçoit plus d’avantages quand on se rend au travail en voiture qu’à vélo. Il y a un grand changement à apporter », conclut Aurélie Willems.