Passionnée de décoration et d’immobilier depuis son enfance, l’animatrice Sabrina Jacobs partage toujours avec enthousiasme ses bons plans. L’émission Clé sur Porte terminée, elle se lance dans un nouveau projet télévisé, en lien avec la brique, forcément.

Pendant 12 ans, Sabrina Jacobs a prodigué de bons conseils pour aménager et décorer sa maison. En pleine préparation de sa nouvelle émission, elle a accepté de nous faire part de ses impressions et de ses connaissances en matière de déco et d’aménagement d’intérieur.

Sabrina Jacobs, qu’avez-vous retenu de vos années comme présentatrice de Clé sur Porte?
Évidemment, en 12 ans, l’émission a beaucoup évolué. Aujourd’hui la déco est devenue l’affaire de tous. Il y a plus de 20 ans les gens s’imaginaient que c’était réservé à une certaine catégorie de la population, mais en fait pas du tout! Aujourd’hui, non seulement tout le monde s’y intéresse, mais, en plus, il y a sur le marché des produits accessibles à tous, quelles que soient les bourses.

Quelles ont été les évolutions en matière de déco?
Le travail de la couleur, par exemple, a vraiment été marquant. Le papier peint aussi est revenu en force. Plus du tout comme l’utilisaient nos parents et grands-parents qui mettaient des murs fleuris complets, limite jusqu’au plafond. Aujourd’hui, certains papiers peints sont peut-être encore plus chargés que ceux qu’on utilisait dans les années 80 et pourtant ils vont très bien à des intérieurs modernes parce qu’ils sont utilisés par petites touches. On travaille énormément avec les structures aussi, les mélanges des matériaux, ce qu’on ne faisait absolument pas avant. Le mélange des styles, ça aussi a été une tendance de ces dernières années. Sur des intérieurs homogènes, on amène quelques pièces qui tranchent radicalement avec le style en place.

 

Le bon goût ne s’achète pas!

 

Et en matière d’immobilier, quels sont les changements?
Je pense que c’est notoire, de tout temps le Belge a aimé s’investir dans la brique. Peut-être que ces dernières années nous ont permis de constater que ça restait une valeur sûre. C’est une manière de profiter de ses avoirs d’une autre manière, plutôt que de laisser de l’argent dormir ou lui faire prendre des risques.

On sent que c’est une vraie passion pour vous.
Je suis tombée dedans quand j’étais petite, j’ai un papa entrepreneur donc j’ai vraiment grandi dans cet univers. L’immobilier et l’aménagement c’est un virus qu’on attrape et, une fois qu’on l’a, c’est très difficile de s’en défaire. Quand j’étais gamine, je me souviens que quand on passait le soir devant les maisons, je voulais savoir ce qui se cachait derrière les rideaux. J’ai pu le faire pendant 12 ans, je suis rentrée dans toutes ces maisons, j’ai été chez les gens donc pour moi qui suis très curieuse c’était fantastique!

Quels sont les conseils que vous donnez le plus souvent pour aménager un intérieur?
J’incite toujours les gens à partir d’une base neutre, qu’il soit de style intemporel, moderne ou très contemporain. Ce type d’intérieur vous permet, avec des petits éléments de décoration qu’on trouve très facilement aujourd’hui dans le commerce, de customiser en fonction de vos envies ou des saisons.

 

©JehanneMol
©JehanneMol

La déco, c’est un peu comme dans la mode, c’est un éternel recommencement

 

On parle effectivement de plus en plus de DIY (ndlr., ‘do it yourself’) et de récupérer des objets anciens.
Le boom du récup c’est quelque chose que j’ai vu vraiment s’imposer. Avant, c’était surtout l’activité d’une certaine catégorie de professionnels très au fait, qui avaient leurs bonnes adresses qu’ils ne gardaient que pour eux. Aujourd’hui, la crise étant notamment passée par là, je pense que la mode est vraiment au récup. On retape des meubles, on les repeint. Finalement la déco, c’est un peu comme dans la mode, c’est un éternel recommencement.

Comme dans la mode, il existe des faux pas?
Bien sûr! Il y a des associations qui ne fonctionnent pas du tout. Des associations de couleurs, des mélanges de styles. Mais il n’y a pas toujours de règles. J’ai vu de très belles choses faites avec beaucoup de sous, j’ai vu des choses très belles faites avec très peu de moyens, j’ai vu aussi des choses faites avec beaucoup d’argent qui n’étaient pas forcément très heureuses. Le bon goût ne s’achète pas!

Le volet écoresponsable a aussi gagné énormément de terrain, non?
Là aussi, ça a fortement évolué. Entre 2005, quand on a décidé de mettre l’émission à l’antenne, et l’année dernière, il y a eu des avancées considérables en matière écologique. Il y a plus de 10 ans d’ici on n’aurait jamais pu imaginer obtenir les normes qu’on a aujourd’hui en termes de construction. Au milieu des années 2000, on mettait encore de la laine de verre pour isoler entre les parpaings et les briques de façade!

On vous découvrira bientôt dans une nouvelle émission, toujours dans le domaine de la maison, mais différente de Clé sur Porte. Quel sera votre rôle?
L’idée, c’est de partir sur l’histoire du bien, à partir du moment où il est mis en vente. Mon travail sera d’accompagner les différents intervenants qui passeront et prendront part à l’histoire. Pourquoi la mise en vente? Qui sont les acquéreurs potentiels qui visitent? À partir du moment où ils sont intéressés, pourquoi ce type de bien et pas autre chose? On verra aussi si on est dans leur budget parce qu’on va être face à des situations de mise en vente publique donc on ne sait pas forcément à quoi on s’expose au niveau du prix. Il y a donc aussi cette concurrence entre acquéreurs potentiels qui à un moment donné va se faire sentir. Il y aura la mise en vente, l’adjudication avec les joies et les déceptions de certains. Puis une fois que la maison a trouvé un nouvel acquéreur, voir ce qu’il en fait. S’il y aura des travaux, des possibilités d’aménagement, etc.

Vous allez donner des conseils, on imagine…
L’émission se fait en collaboration avec la Chambre des notaires qui va amener énormément en termes de contenu et de conseils pratiques. Les gens ne se font pas toujours une bonne idée de l’intervention du notaire, on s’imagine qu’il vient juste signer les papiers. Mais un notaire peut franchement donner de bons conseils dans le cadre de l’acquisition d’une habitation. Ça va dédramatiser le fait d’acheter, parce que pour certains c’est coutumier, mais pour d’autres c’est l’achat d’une vie.

Si Sabrina Jacobs n’avait pas été présentatrice elle serait devenue…?
« Je pense que de toutes manières, j’aurais embrassé une profession qui touchait de près ou de loin à l’immobilier… »