À presque 38 ans, Sara De Paduwa est maman d’un petit garçon et d’une petite fille, de 5 et 8 ans. Sa famille, elle se conjugue à quatre avec leur papa et reste la priorité entre toutes.

Que vous inspire le mot « famille » de prime abord?
« Un débordement d’amour, le bonheur d’être ensemble… C’est arrivé assez dernièrement dans ma vie car je n’ai pas eu un départ facile à ce niveau-là. Ça a été compliqué dans l’enfance. La famille, c’est celle que je me suis créée surtout, avec mon mari et mes deux enfants. Pour le côté grande tablée, la famille d’une amie m’a un peu adoptée. »

Certains parlent d’une famille professionnelle, et vous?
« J’ai eu un tel manque que la famille reste braquée sur mon cocon à moi. En même temps, j’ai besoin d’avoir des relations harmonieuses dans le travail. »

La famille passe vraiment avant tout: le travail, les loisirs?
« Même si j’ai un chouette travail à la RTBF, mon boulot n’est pas ma vie. Et chaque fois qu’on me propose un projet, une émission, j’envisage d’abord les répercussions que cela va avoir sur ma famille. Est-ce que c’est du temps en moins avec eux? Ceci dit, parfois, je me trompe et je dois rectifier le tir. »

Comment ça?
« J’ai fait pendant des années les petits matins sur Vivacité. Et j’étais frustrée de ne pas voir mes enfants le matin, de ne pas pouvoir les emmener à la crèche ou à l’école… J’ai demandé à travailler plus tard dans la journée et étais ravie quand on m’a proposé le 5 à 7. Sauf qu’après quelques semaines, même pas quelques mois, je me suis rendu compte que je voyais encore moins mes enfants. Je rentrais passé 20 heures, au moment où ils allaient au lit. Et j’ai demandé à changer d’horaire à nouveau. Heureusement, j’ai une direction compréhensive. »

 

Je me rends compte de la chance qu’on a alors je trouve que le minimum, c’est de s’investir, dans Viva for Life notamment

 

Vous vous estimez chanceuse depouvoir choisir?
« Oui, je mesure que j’ai une chance de dingue. Je veille à ne pas travailler pendant les congés scolaires ou presque. Pour passer un maximum de temps ensemble. Je profite main- tenant de ça à 300 % parce que je sais que la vie est un cycle et qu’on ne reste pas toujours aussi chanceux. »

Le travail n’est pas des plus réguliers, comment gérez-vous cela avec les enfants?
« Avec mon mari qui est enseignant, on s’organise. Le matin, les enfants ont leurs habitudes avec lui et je sais qu’ils sont bien. Le soir, il arrive que je doive travailler, comme dernièrement avec de nouveaux projets qui ont émergé. Ma fille ne comprend pas toujours. Elle me dit: ils ne comprennent pas, à ton travail, qu’on a envie de rester avec notre maman? Alors je lui explique que mon travail, ça nous permet d’avoir une maison, un confort.
On vient de déménager et on aura chacun plus d’espace. J’essaie de lui faire comprendre que c’est grâce au travail aussi. »

Vous vous êtes rapprochée de Bruxelles pour gagner du temps?
« Non, on est resté du côté d’Bécassines pour que les enfants n’aient pas à changer d’école, d’amis, de repères. Le trajet ne me pèse pas trop. Dès que je suis dans la voiture, je mets le travail de côté. »

Êtes-vous du genre à mélanger le boulot et la vie privée, à amener vos enfants au travail par exemple?
« Pas trop, non. D’ailleurs, je ne montre pas mes émissions à mes enfants. Mais mon boulot débarque quelquefois dans ma vie privée. Quand on fait des courses, pas mal de gens me reconnaissent et viennent me parler. Ma fille ne comprend pas toujours car elle ne me voit pas à la télé. Alors ce que j’essaie de faire, c’est de la prévenir. Qu’elle soit au moins au courant de ce que je fais, si j’ai une émission qui passe le soir, ainsi elle comprend de quoi me parlent les parents et enfants qui m’interpellent quand je viens la chercher à l’école… »

Quel est le moment en familleque vous préférez?
« Le week-end. Le samedi, c’est encore la course parce qu’il y a
le sport et qu’on ne peut pas trop traîner le matin. Par contre, le dimanche, je prends le temps. Je me lève assez tôt à cause du rythme de la semaine avec “Le 6/8″. Je vais les rejoindre dans leur chambre, dans le lit de l’un puis de l’autre, on fait des câlins. »

Quelles sont les sorties en famille que vous privilégiez?
« Notre péché mignon, c’est de les emmener au restaurant. Pas forcé- ment de grands restaurants car ça peut vite monter à quatre d’autant qu’ils mangent de plus en plus, mais ils adorent dîner à l’extérieur et
nous aussi. On a un rituel: le jour de leur anniversaire, on va manger où ils veulent. Ils se tiennent bien: ça
fait partie de l’éducation aussi. On démarre tôt évidemment pour ne pas les tenir éveillés trop tard. Et, pour les faire patienter, on n’utilise pas de tablette, plutôt des jeux de cartes. »

Vous êtes contre les tablettes, les écrans?
« Je n’interdis pas, mais je dois
faire attention car Raphaël est très attiré par les images à l’écran; Louise moins. Dès qu’il peut, il me chipe mon smartphone. Alors j’essaie, quand je rentre, de le mettre de
côté. Je préviens mes interlocuteurs d’appeler car je ne suis pas forcément devant mes messages. Je suis un peu addict comme tout le monde. On a envie de se tenir au courant, de rester connecté, avec les réseaux sociaux. Mais je fais attention à la maison, sinon quelle image, quel exemple donne-t-on aux enfants? Et puis le soir, j’aime autant lire un bon livre. »

Vous n’avez pas l’air très télé pour quelqu’un qui y travaille?
« Non, je la regarde, mais très peu. Plus jeune, je n’aurais jamais imaginé y travailler d’ailleurs car je ne suis pas très attachée à mon image. Avec mon métier, je dois y faire un peu attention, j’y ai pris goût, mais pas à outrance. Ce n’est pas une valeur à mes yeux, elles se trouvent ailleurs et j’essaie d’enseigner ça à mes enfants. »

Quand vous vous engagez pour Viva for life ou le Relais pour la Vie, ça vous renvoie à votre famille?
« De plus en plus. La pauvreté touche énormément de familles chez nous. Un cancer touche une personne, mais aussi toute une famille. Je me rends compte de la chance qu’on a, alors je trouve que le minimum, c’est de s’investir. D’autant qu’on peut aider à changer les choses. Plus ils grandissent, plus mes enfants comprennent que je les laisse 6 jours pour aider d’autres enfants. Même si c’est un petit sacrifice pour leur papa et toute la famille. »

Si vous n’aviez pas été animatrice…
« J’ai fait communication et j’aurais travaillé dans les médias de toute façon. Ça peut encore arriver d’ailleurs. J’aurais sans doute travaillé dans la production, qu’il s’agisse de télévision, de cinéma… J’aime travailler en équipe. Je parle de production exécutive, pas celle qui va chercher les sous: ça, ce n’est pas mon truc. Je n’aurais pas travaillé dans l’événementiel en tout cas, c’est trop tard le soir et il y a trop de stress. »