La Belgique est réputée pour son rôle de pionnier dans la légalisation des compléments alimentaires issus de la phytothérapie. Mais cette médecine douce à base de plantes n’a-t-elle vraiment que des aspects positifs? Comment fonctionne-t-elle? Explication.

Vieilles recettes
Il est loin le temps où seuls vos grands-parents ressortaient leurs vieilles recettes médicinales pour vous aider à soigner un rhume, des douleurs à l’estomac ou encore des problèmes d’insomnie. Depuis quelques années, une médecine douce à base de plantes ne cesse de faire des adeptes aux quatre coins du monde: la phytothérapie. Que ce soit sous forme de tisanes, de sachets, de gélules ou de liquides, cette méthode a le vent en poupe. Et pour cause, elle donne l’impression de n’exister qu’à travers des éléments 100 % naturels: feuilles, fruits, fleurs ou racines de plantes. En Belgique c’est depuis plus d’une vingtaine d’années que ce type de médication est reconnue par les autorités. « Nous avons d’ailleurs été les pionniers en Europe en termes de légalisation de ces compléments alimentaires », expliquait en août dernier, Michel Horn, vice-président de Naredi (fédération du secteur des compléments alimentaires, ndlr.). « Le consommateur dispose ainsi depuis longtemps d’une garantie de produits sérieux et crédibles ».

 

Les plantes détiennent des clés capables d’agir sur certaines serrures de notre organisme Julien Masset

 

« Potions miraculeuses »
Mais qu’entend-on exactement par phytothérapie? Abandonnez d’emblée vos croyances de potions miraculeuses. « Le mode d’action de ces plantes est qualifié de mécanisme “modèle clé-serrure” », illustre Julien Masset, docteur en biochimie des laboratoires Ortis. « Les plantes détiennent en fait des clés capables d’agir sur certaines serrures de notre organisme ». Les principes actifs de la rhubarbe officinale, par exemple, enverront un signal de contraction des muscles intestinaux pour favoriser notre transit. On ne parle donc pas de médicaments lorsqu’on évoque ces compléments alimentaires et il ne faut surtout pas les considérer comme tels: « la médecine classique reste indispensable pour les pathologies plus graves ou quand il y a urgence », estime encore Julien Masset. Cela étant, le docteur en biochimie assure qu’ils représentent une alternative intéressante pour soulager des symptômes d’intensité plus modérée. Si les médicaments sont généralement composés d’une seule molécule, les plantes, elles, représentent un ensemble de sub-stances qui travaillent en synergie. Cette addition est à l’origine de leurs nombreuses propriétés.

Compléments alimentaires
Pourtant les dérives peuvent très vite apparaître. Faut-il le rappeler, les compléments alimentaires ne s’achètent pas uniquement en pharmacie. Ils trouvent aussi leur place dans les rayons de nos grandes surfaces. Leur mise en circulation demande effectivement moins d’exigence que celle des médicaments. Même si, l’AFSCA assure que 99 % des compléments alimentaires contrôlés sur le sol belge sont conformes à ses exigences – qualité et hygiène –, elle ne prend pas en compte les produits directement achetés sur Internet. De plus, le bon dosage et l’absence de toxicité dans ces compléments ne garantit aucunement une automédication sans danger. « Certaines plantes peuvent par exemple diminuer la coagulation sanguine », explique Julien Masset. Une prise simultanée de médicaments, pourrait ainsi provoquer des effets secondaires assez indésirables – allergies, démangeaisons, inconforts… –, voire même graves dans certains cas, comme un empoisonnement.

Quoi qu’il en soit, il serait dommage de se priver des vertus médicinales de plus de 30 000 produits reconnus et présents en Belgique. Le tout étant de ne pas en abuser et d’analyser ses besoins selon son état et son passif médical personnel. Rien ne vaut dès lors plus que l’avis judicieux d’un médecin ou d’un pharmacien.