Grâce à une attention permanente à la sécurité, au confort de travail et surtout à la résilience contre le stress, de plus en plus de sociétés cajolent leur personnel. Certaines compagnies, comme Nestlé et Proximus, montrent l’exemple.

Bien-être des employés

Le bien-être des employés est devenu central dans le monde de l’entre- prise. On dorlote enfin le travailleur, on répond à ses besoins psychosociaux et de confort de travail, de récupération. Tout bénéfice pour les travailleurs… et l’employeur. L’approche n’aurait que des vertus. Celles de diminuer l’absentéisme, de fidéliser le personnel, de prévenir des maladies liées au stress… Et de stimuler les employé(e)s, d’espaces relaxation en resto « santé », d’ergonomie personna- lisée en workshop « wellness ». Le tout complété d’un monitoring du ressenti et des aspirations des travailleurs.

Améliorer la sécurité

Nestlé Belgilux et Proximus ont bien pris la vague. Nestlé concentre ses efforts à améliorer la sécurité et surtout la santé physique et mentale de ses employés.

« Nous avons mené une analyse de risques et établi une Feuille de route en matière de stress et de résilience. Elle liste priorités et objectifs pour améliorer la santé mentale de nos employés et les sensibiliser », précise Kris Veirier-Pee- ters, responsable des Services Généraux de Nestlé. « On a lancé des ateliers sur le stress, d’abord pour nos managers et l’an prochain pour tout le personnel ». Une campagne d’affichage interne autour de quatre sujets – mouvement, nutrition, sommeil et santé mentale – a fleuri tout comme un programme gratuit « Mieux-être en action » avec massages, cours de yoga, ateliers cuisine saine, sports…

Conditions de travail

Côté conditions de travail, on ne lésine pas non plus. « L’analyse permanente des risques par fonction permet d’agir de manière ciblée pour les réduire ». Quant aux postes de travail, un ergonome prodigue ses conseils personnalisés pour un confort de travail optimal des employés. Nestlé a même dégainé en 2015 « pet@work », soit la possibilité pour les employés de venir travailler avec leur… chien. Comme outil antistress. Depuis, 24 toutous ont accès à des zones dédiées du siège d’Anderlecht.

Satisfaire les besoins de chacun

Dans les tours Proximus, il y a aussi un chien. Mais c’est celui d’un employé malvoyant du groupe. Ici, on veut intégrer tous ses employés et satisfaire les besoins de chacun. Un travail de titan, notamment rayon sécurité. L’entreprise compte 14.000 employés auxquels s’ajoutent, via la sous-traitance, 16.000 autres. « Nous sommes légalement responsables de tous et la gamme de risques potentiels est très large », souligne Marc Moris, responsable Prévention et protection du groupe Proximus. « À côté des employés de bureau, il y a tout le personnel technique qui travaille souvent en hauteur sur nos antennes, sur les toits ou à des travaux d’excavation… Le but est de réduire leurs risques en permanence. »

 Penser macro en personnalisant

Avec une entreprise d’une telle taille, le défi est de penser macro tout en personnalisant les solutions. Niveau ergonomie et fonctionnement, Proximus évolue fort vers du flex desk et au-delà. « On démarre un projet pilote collaborative workplace sur 6 étages de nos tours. Deux sont totalement flex desk, aménagés et équipés pour le travail transversal entre départements. Ailleurs, on teste la réduction du bruit, une demande forte du personnel, avec des silent zones où il est interdit de téléphoner ou de parler. »

Santé mentale

Mais comme chez Nestlé, la priorité reste la santé mentale et la prise en compte du psychosocial dans le travail. Le grand projet en cours est le Feel Great@proximus basé sur le principe de résilience. « En pleine mutation digitale, nos collaborateurs sont fort sollicités. D’où l’impérieuse nécessité de leur ménager des plages de résilience pour recharger leurs batteries, évacuer le stress », décrit Marc Moris. « Feel Great suit trois axes: la résilience physique où l’on motive les gens à bouger; la résilience mentale soutenue par des conférences, des e-learning, de la sensibilisation; et la résilience relationnelle pour resserrer les équipes. Le bien-être global est un investissement essentiel car un employé bien dans sa peau sera plus motivé, souple et créatif ».