Bruno et Vincent Taloche ne sont pas du genre à pester contre le froid et les journées courtes. Le manque de lumière ne joue pas sur leur humeur enjouée et ils n’attendent qu’une seule chose: pouvoir faire un bonhomme de neige.

Êtes-vous du genre à redouter ou à vous réjouir de l’hiver?
Vincent: « J’ai la chance de ne pas être influencé par les saisons. J’entends pas mal de gens dire qu’ils sont affectés par le manque de soleil, moi pas heureusement. Alors j’adore l’hiver; dès que je vois de la neige, j’ai envie de me rouler dedans. En plus, on est une famille unie, on aime se retrouver pour Noël alors ce sont toujours de bons souvenirs. »
Bruno: « Eh bien, je dirais pareil. Mon humeur n’est pas influencée par la météo. J’avoue cependant prendre une semaine de vacances au soleil pendant l’hiver. On en manque quand même un peu chez nous. En plus, l’hiver est synonyme de ski et on aime tous les deux ça, donc c’est plutôt une bonne nouvelle quand il arrive. »

Vous avez un bon niveau en ski?
Bruno: « Vincent est autodidacte. Moi, j’ai pris quelques cours. J’ai commencé tard, à 30 ans, et on se débrouille pas mal même si on ne part jamais ensemble. J’ai remarqué qu’avec l’âge, ces dernières années, je prends moins de risques. Je ne me lancerais plus dans des trucs trop compliqués, dans des pistes noires verglacées. »
Vincent: « Je skie avec mes amis depuis toujours, mais je suis plus fatigué qu’eux à la fin de la journée car j’ai certainement de mauvais gestes. Je passe partout, peut-être pas joliment, mais ça passe. C’est vrai que je suis plus prudent que certains de mes amis parfois car j’ai une appréhension par rapport au travail. Si je me casse une jambe, c’est toute une équipe qui en pâtit… »

 

Dans une famille nombreuse, l’ouverture des cadeaux, ça prend 3 heures: chez nous, chacun ouvre ses cadeaux devant tout le monde Bruno

 

Vous avez de bons souvenirs de neige?
Bruno: « Oh oui, mais j’ai l’impression qu’il en tombait davantage quand on était gamins, mais c’est peut-être parce qu’on habitait Jalhay près de Verviers. Il y a toujours plus de neige que dans les grandes villes. On faisait des batailles de boules de neige, de la luge, des glissades… »
Vincent: « On habitait en haut d’une descente donc c’était marrant avec la neige. J’associe ça au chocolat chaud. Et puis, comme je suis bon vivant, ça m’inspire toujours une fondue ou une raclette quand le temps refroidit. »

Votre hiver 2017/2018 est chargé?
Bruno: « On prépare une émission Signé Taloche qui est toujours diffusée pendant les fêtes. Sinon, ça va, c’est moins chargé que certaines années. On doit commencer à travailler sur un nouveau spectacle de sketches pour la fin 2018. Et il y a toujours le festival Voo Rire sur lequel on bosse toute l’année. »
Vincent: « On est en fin de tournée. Il nous reste juste quelques dates en France cet hiver et ce printemps. Mais elles ne sont pas trop rapprochées. Et comme on ne joue pas pour les réveillons cette année, je peux me permettre de faire un petit voyage au soleil en Guadeloupe avec ma compagne Alexandra pour le Nouvel An. C’est la première fois. »

 

Je fais partie de ces gens qui démarrent janvier avec une liste de bonnes résolutions qui ne tiennent que trois semaines Vincent

 

Ça doit être bizarre, de passer un réveillon sur scène, non? 
Vincent: « Une année, à nos débuts, on a joué le 24 décembre dans une petite salle qui n’était pas complète et on se rendait compte que pas mal de personnes sont seules ou ne s’entendent pas avec leur famille. Par contre, le 31 décembre, c’est une date comme une autre à l’exception du fait que les spectateurs sont sur leur 31 et qu’il y a toujours plus d’ambiance. Ceci dit, je n’ai jamais compris que les gens soient prêts à payer presque deux fois le prix de la place ce soir-là. Surtout à Paris. »
Bruno: « C’est peut-être parce que nous, on est toujours dehors alors que les spectateurs sortent moins souvent donc ça devient plus festif. »

Vous êtes attachés aux fêtes ou non?
Bruno: « Sauf pour Noël qui est une date encore plus importante depuis qu’on a perdu notre papa, je n’aime pas trop fêter en même temps que tout le monde. Je ne vais pas aller au resto pour le Nouvel An, par exemple. Je ne vais pas attendre les 12 coups de minuit pour ouvrir le champagne… Mais à Noël, oui. »
Vincent: « On se retrouve à une vingtaine à table, soit chez Maman soit chez quelqu’un d’autre de la famille. Comme on est quatre frères et que les deux autres ont des enfants et même des petits-enfants. Avec les conjoints, ça fait du monde. C’est très gai. On a plaisir à se retrouver. »

©John Swijsen
©John Swijsen

Vous avez des souvenirs particuliers des réveillons?
Vincent: « Parfois, il m’arrive de passer le réveillon du Nouvel An chez des amis en Corse. La première fois, j’ai été étonné: à minuit, en guise de feu d’artifice, tout le monde tire des coups en l’air avec un fusil de chasse. »
Bruno: « Moi, c’est les cadeaux. Il y avait toujours beaucoup de cadeaux sous le sapin. Et dans une famille nombreuse, l’ouverture des cadeaux, ça prend trois heures. Chez nous, chacun ouvre ses cadeaux devant tout le monde.Et on fait des commentaires. »

Vous avez des cadeaux préférés?
Vincent: « Pas vraiment, même si j’aime bien tout ce qui est de saison: les gros pulls, les écharpes, les gants… Bruno, lui, a droit à des chaussettes chaque année! »
Bruno: « C’est vrai. Et pas mes autres frères, je ne sais pas pourquoi. Je pense que c’est devenu une tradition. Ma mère m’offre des chaussettes chaque année. »
Vincent: « Parfois, certains se trompent sur mes goûts, c’est drôle. Dans les années 90, j’ai reçu de mon frère Bruno un CD du groupe A-Ha. Il avait confondu: en fait, c’est de Cure dont je suis fan! »

La fin de l’année, c’est l’occasion des bilans et résolutions?
Vincent: « Je n’ai pas honte de le dire, je fais partie de ces gens qui démarrent janvier avec une liste – écrite sur mon ordinateur – de bonnes résolutions. Je les oublie après trois semaines donc elles reviennent d’année en année, mais ça ne m’empêche pas de tomber dans le panneau. Ça peut être: “je serai moins en retard avec mes papiers” ou “je vais perdre un peu de poids”… »

Bruno: « On ne pense pas à la même chose à 48 ou 57 ans. Mes amis commencent à penser petits-enfants, pension ou prépension… Physiquement, j’ai la chance de ne pas voir de différence. Je me dis que je veux juste bien profiter du temps. »

Si vous n’aviez pas été humoristes, vous auriez été…
Vincent
: « J’ai fait des études de mécanique automobile et je suis passionné de vieilles voitures. Ça m’aurait bien plu à l’époque d’avoir un garage tout seul et de travailler uniquement sur les ancêtres. Aujourd’hui, si je devais avoir de gros soucis dans ce métier, je pourrais organiser des balades à moto en Corse ou quelque chose du genre là-bas. »
Bruno
: « J’ai été instituteur quelques années, mais je n’aurais pas fait ça toute ma vie. Un truc qui m’aurait bien convenu, c’est d’être reporter ou documentariste animalier. Ou alors dans le golf qui est une passion: caddie d’un joueur professionnel. J’ai besoin de bouger. Je ne pourrais pas faire un métier statique. »