Il est temps pour la génération Z d’investir les entreprises. Comment les employeurs peuvent-ils aujourd’hui attirer et encadrer cette nouvelle force de travail pour pérenniser leur société? Piste de réponses à cette inconnue aux enjeux fondamentaux.

Composition de sa population
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde a connu des mouvements successifs dans la composition de sa population. La cause? Les crises politiques, les bouleversements économiques ou encore les avancées technologiques. Notre société a ainsi vu différentes générations se constituer: les baby-boomers, les X et Y. Chacune d’entre-elles est marquée par son époque et a marqué cette dernière à son tour. Le monde de l’entreprise n’a pas été épargné, connaissant des bouleversements dans son fonctionnement propre. Aujourd’hui, les managers doivent faire face à l’arrivée d’une nouvelle génération sur le marché de l’emploi, la génération Z.

Nouveaux défis
Comment l’appréhender? C’est un nouveau défi difficile à relever. « La génération Z réunit les personnes nées après 1995 », explique Laurent Taskin, professeur de Management humain et des Organisations à la Louvain School of Management (UCL). « Les plus âgés n’ont donc que 22 ans. Ils sont soit toujours aux études, soit à peine débarqués dans les entreprises. Le recul nécessaire pour des études de fond est très réduit. » Mais pas de panique. Si les générations diffèrent suivant leur vécu et leur vision du monde, leurs motivations à l’égard de l’entreprise restent souvent les mêmes. « Par exemple, tous les travailleurs cherchent à être utiles aux autres, aspirent à une sécurité d’emploi et à trouver un équilibre entre leur vie privée et professionnelle, quelle que soit la génération à laquelle ils appartiennent », ajoute Laurent Taskin. Ce qui change parfois d’une génération à l’autre, c’est l’acuité avec laquelle certaines de ces attentes s’expriment.

 

Ce n’est pas une simple tape dans le dos en guise de remerciement qui ravira les nouveaux employés Annick Sulon 

 

Besoin d’expérience
Si la génération Y était connue pour son besoin d’autonomie, de responsabilisation et de stabilité, la génération Z, elle, se démarque par son besoin d’expérience ou d’expertise. Un esprit d’entreprendre teinté de créativité qui pousse parfois même les jeunes à envisager de se lancer à leur propre compte. « Le plus grand défi des chefs d’entreprise sera donc de chercher à fidéliser cette nouvelle force de travail », explique Annick Sulon, senior consultante chez Progress Consulting. « Il faut arriver à entretenir une autonomie utile. Leur offrir un cadre avec des possibilités de proactivité ». On ouvrirait dès lors la porte à une sorte d’“intrapreneuriat” comme le souligne Laurent Taskin. Une piste de solution pourrait être de leur confier des tâches non prévues dans la description type de leur job, par exemple: organiser une réception clients, un team building, un groupe de travail pour un projet transversal… « Pourquoi ne pas travailler aussi avec des objectifs à court terme tout en offrant des entretiens plus fréquents? », imagine Annick Sulon.

Face à face
La souplesse et la flexibilité ont donc toute leur importance. Mais la considération managériale doit l’être tout autant. Un management qui ne serait centré que sur la performance financière de court terme ne serait pas au goût des jeunes. « De même, la génération Z rechercherait le contact en face à face, les interactions humaines plutôt que la digitalisation du travail et ses relations », explique le professeur de l’UCL. Un comble pour des jeunes, très familiers de l’usage des réseaux sociaux et autres applications numériques.

Importance de respect
Le respect est en fait au centre des préoccupations. « Ce n’est pas une simple tape dans le dos en guise de remerciement qui ravira les nouveaux employés. La reconnaissance doit être réelle », ajoute Annick Sulon. « Il faut écouter ces jeunes jusqu’au bout, tenir compte ou argumenter leur point de vue et leur permettre d’apprendre ».

Même si cette génération reste encore une inconnue pour les employeurs, il serait dommage de ne pas chercher à la connaître davantage. Informée, créative, décomplexée vis-à-vis de l’erreur, mais aussi animée d’une vraie conscience sur les développements sociaux, technologiques et écologiques, elle a beaucoup à nous apprendre.