En collaboration avec

Pierre-Yves Jeholet, Ministre wallon de l’Économie, de l’Emploi et de la Formation

Depuis ma prise de fonction, comme Vice-Président wallon et Ministre de l’Emploi et de la Formation, j’ai évidemment pu dresser un constat mais surtout dégager des chantiers prioritaires pour l’Emploi et la Formation.

Les indicateurs sont loin d’être excellents: un taux de chômage deux fois supérieur à celui de la Flandre et un taux d’emploi largement inférieur aux régions européennes comparables à la Wallonie. C’est préoccupant, en particulier chez les jeunes, dont certains n’ont même pas de qualification – un jeune de 18 à 24 ans sur six est un « Neet » (Not in Education, Employment or Training, ndlr.). Il est vital de basculer du constat à l’action en relevant les nombreux défis pour la Wallonie en termes de formation et d’emploi.

Une formation repensée
Les avancées technologiques bouleversent les savoir-faire et les métiers d’aujourd’hui ne seront plus ceux de demain. Il faut donc anticiper et adapter les formations aux besoins. Avec 80 métiers qui connaissent une situation critique et 47 qui affichent une pénurie de main-d’œuvre, la Wallonie devra renforcer l’offre et mobiliser davantage de demandeurs d’emploi vers les formations menant à l’emploi, en particulier vers les métiers en pénurie. Pour ce faire, la Région dispose de deux leviers essentiels, le Forem et l’IFAPME.

Un moteur essentiel: notre jeunesse
Le Forem devra exploiter davantage les moyens mis à sa disposition dans le cadre de la « Garantie jeunesse » qui vise à ce que chaque jeune soit, 4 mois après son inscription comme demandeur d’emploi, occupé professionnellement ou en formation, ou en stage. Ils ne peuvent pas devenir les chômeurs de longue durée de demain et s’ajouter aux publics les plus éloignés de l’emploi.

 

Les avancées technologiques bouleversent les savoir-faire

 

Structures de proximité
Publics pour lesquels il est nécessaire de renforcer la complémentarité, la cohérence et l’impact de l’action de l’ensemble des acteurs de l’insertion socio-professionnelle. Je pense notamment aux structures de proximité comme les ALE, les régies de quartier, les maisons de l’emploi, les MIRE, etc. J’entends également que l’ensemble des acteurs, notamment les CISP (Centres d’insertion socio-professionnelle, ndlr.), s’inscrivent dans une visée d’insertion vers l’emploi. Une réflexion sur la place et le traitement à réserver aux publics très éloignés de l’emploi, dont les chances d’insertion sont infimes, devra se faire au-delà des clivages politiques traditionnels, afin de maximiser leur accompagnement.

Mobilité
Parmi les constats inquiétants, citons la faible mobilité des travailleurs wallons et la méconnaissance qu’ils ont du néerlandais, alors que la Flandre est à la recherche constante de main-d’œuvre! Le Plan Langues sera revisité et priorisé, les dispositifs d’immersion seront privilégiés et l’expérience en entreprise sera davantage exploitée comme terrain d’apprentissage. Les défis sont nombreux mais la volonté de les relever est forte.