En collaboration avec

Ellen Lemaire, Head of Bolero Crowdfunding

30 millions d’euros ont été investis dans les entreprises via le crowdfunding en 2016 en Belgique. Cette formule a donc le vent en poupe. L’expert Ellen Lemaire fournit les informations nécessaires pour vous lancer dans ce mode de financement.

Quelle est la différence entre « equity crowdfunding » et « crowdlending »?
« Le premier est un système qui permet de devenir actionnaire de start-up prometteuses. Quant au second, il s’agit d’un système qui permet aux investisseurs de soutenir financièrement des PME et des entreprises en croissance, via un prêt obligataire subordonné. Le risque est élevé, mais les taux d’intérêt proposés aux investisseurs sont également plus élevés (de 5 à 12 % par an). La durée des prêts varie entre 1 et 5 ans maximum. »

Quelle est la différence pratique entre crowdlending et financement bancaire plus traditionnel?  
« Un financement bancaire fait appel à des mécanismes plus habituels, et exige souvent, par exemple, que la société qui introduit une demande de crédit auprès d’une banque ait un certain niveau de fonds propres. De plus, la banque demande des sûretés au cas où l’emprunteur ne serait pas capable de rembourser le prêt. Avec le crowdlending, on va évidemment examiner la capacité de remboursement de l’émetteur. Par contre, on ne demande pas de sûretés aux entreprises. On peut donc conclure que le crowdlending permet à l’entrepreneur de faire appel aux investisseurs individuels pour compléter les fonds propres de l’entreprise en échange d’un intérêt intéressant. »

Quel conseil donnez-vous toujours aux gens qui choisissent d’investir en « equity crowdfunding » ou via le « crowdlending »?
« La diversification. Car même si les rendements possibles sont souvent très élevés, le “funding” représente également un risque. Autrement dit, on peut gagner, mais aussi perdre la majorité de son investissement. Il ne faut donc jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. »

 

Le “crowdlending” permet de faire directement appel à des investisseurs individuels Ellen Lemaire

 

Quel est, chez vous, le montant maximum que l’on peut investir dans une campagne de crowdfunding?
« Nous plafonnons les investissements des investisseurs à 5000 euros par projet. Toujours dans cette optique de prudence, pour protéger l’investisseur. Néanmoins, l’investisseur peut investir dans autant de projets qu’il le désire. »

Qu’est-ce que vos clients pensent du crowdfunding?
« Ils le trouvent un excellent outil de diversification. J’utilise souvent le crowdlending et l’equity crowdfunding. Le premier car il offre de très bons rendements avec un plan de remboursement défini à l’avance. Le second parce que c’est une très bonne manière de soutenir des projets très concrets de jeunes pousses. »

Quels sont les autres atouts du funding?
« Il est aussi un excellent outil marketing. Car il montre quand de nombreuses personnes sont intéressées par un projet. Il permet donc d’accroître encore un peu plus la notoriété d’une start-up ou d’une PME. Bref, le crowdfunding, au sens large, permet aux investisseurs de découvrir de nouveaux horizons et d’autres perspectives. »

Jean Claude Philippron, dirigeant de P-Laser, sur crowdlending:

Pourquoi et comment avez-vous commencé à utiliser le crowdlending?
« Nous étions bien implantés en Belgique. Mais nous cherchions à nous étendre vers l’étranger. C’est pour cette raison que nous avions besoin d’investissements nouveaux et d’argent frais. »

Quels sont les avantages du crowdlending, pour vous?
« Même si nos idées d’investissement étaient bonnes et réalistes, nous devions encore trouver des partenaires financiers. C’est une société spécialisée dans le funding qui nous a offert cette opportunité. En fait, nous avons obtenu le meilleur de deux mondes: des investisseurs individuels convaincus par le projet, mais qui n’entraient pas dans notre capital pour autant. Nous ne recherchions pas non plus des “business angels”, qui apportent des connaissances et de l’expérience en plus de l’argent. Nous avions assez d’expérience pour savoir ce que nous voulions. Nous voulions juste les moyens de nos ambitions. »